Brésil: Appel du pape pour améliorer les conditions de vie dans les prisons brésiliennes

«La corruption, partie intégrante du système», dénonce Mgr Gerna

Rome/ Rio de Janeiro, 8 avril 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II a lancé samedi un appel urgent pour améliorer les conditions de vie dans les prisons brésiliennes, surpeuplées et en proie à des rébellions fréquentes. Recevant au Vatican le nouvel ambassadeur du Brésil auprès du Saint-Siège, Oto Agripino Maia, venu lui présenter ses lettres de créances, le pape a insisté pour que le Brésil «améliore le plus vite possible les conditions de vie de ses prisonniers».

Jean Paul II a aussi demandé à ce que le Brésil, «qui a une place prépondérante au sein des nations latino-américaines», fasse «un effort pour vaincre les déséquilibres sociaux, défende le droit des enfants et des femmes et porte une plus grande attention à son milieu naturel».

Sévères critique des médias

Jean-Paul II a par ailleurs dénoncé «des moyens de communication sociale» qui bien souvent, «assujettissent la masse des téléspectateurs» et font «dominer une culture unique ayant une vision individualiste de la liberté personnelle et portant souvent atteinte aux valeurs de la vie et de la famille». Le pape s’est enfin félicité de la concordance des dates entre la célébration du Jubilé en l’an 2000 et la célébration pour les Brésiliens, du 500ème anniversaire de l’évangélisation de la «terre de la sainte croix» (ancien nom du Brésil). «Il faut, a poursuivi Jean Paul II, que le Brésil sache conserver son patrimoine si riche de biens spirituels et moraux».

Le nouvel ambassadeur, quant à lui, a affirmé que le dialogue avec le Saint-Siège, établi depuis un siècle et demi, était une priorité pour le Brésil. Oto Agripino Maia a ajouté que le Brésil, «reconnaît l’impact de l’autorité morale du pape dans le monde, l’importance de son travail dans la préservation de la paix et son engagement incessant pour la justice entre les nations».

La pauvreté gagne du terrain

Mgr Aldo Gerna, évêque de Sao Mateus, dénonce pour sa part l’appauvrissement progressif de la population et la corruption qui règne au Brésil. L’évêque d’origine italienne, qui appartient à la congrégation missionnaire des Comboniens, est intervenu suite à la publication du dernier rapport sur la situation économique, publié par l’Institut de Recherche Economique Appliquée (IPEA). Les données mettent en évidence une très grande inégalité, puisque 10 % des Brésiliens possèdent 40 % de la richesse nationale.

«Le Brésil est opprimé par une dette extérieure très lourde, à laquelle il fait face chaque année au détriment de l’économie intérieure», explique Mgr Gerna, dont le diocèse est situé dans l’Etat d’Espirito Santo, au nord de Rio de Janeiro. Ces jours-ci, écrit-il, le salaire minimum garanti, fixé à 90 dollars, entre en vigueur, mais il devrait être trois fois supérieur pour que les gens puissent vivre.

Quant à la corruption, «elle fait partie intégrante du système», dénonce le prélat. Le débat politique de ces derniers jours porte sur la mise en place d’une commission d’enquête sur la corruption, à laquelle Mgr Gerna est personnellement favorable. En revanche, le chef de l’Etat, le très libéral Fernando Henrique Cardoso, s’y oppose, sous prétexte que la commission pourrait provoquer la méfiance internationale à l’égard du Brésil, causant ainsi une diminution des investissements étrangers. (apic/cip/imedia/be)

8 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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