Brésil: Crise alimentaire: les «sans terre» manifestent
Actions conjointes dans 13 Etats du pays
Brasilia, 12 juin 2008 (Apic) Des centaines d’agriculteurs «sans terre» ont envahi aux premières heures de mercredi, dans deux villes de l’État méridional de Rio Grande do Sul, deux plantations d’eucalyptus et d’acacia utilisées pour la fabrication de cellulose et appartenant à la compagnie «Votorantim».
Organisées par le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (Mst) et Via Campesina, ces protestations s’inscrivent dans le cadre de la mobilisation massive entamée mardi dans 13 États du pays contre l’agrobusiness et les multinationales, accusés de la flambée des prix des denrées alimentaires, qui ont déjà débouché sur des affrontements contre la police, soldés par plusieurs blessés.
Le Brésil est un gros producteur dans le domaine des biocarburants. Son président Lula défend ce type de culture malgré les critiques qui lui sont adressées.
«Nous dénonçons l’avancée des monocultures dans le Sud du Brésil. Outre la détérioration de l’environnement, elles portent atteinte aux petits agriculteurs, asséchant les ressources hydriques», se sont insurgés dans un communiqué les promoteurs de la protestation, cités par l’Agence Misnan.
«Le Brésil, ont-ils ajouté, privilégie le capital extérieur et les multinationales et l’aspect le plus funeste d’un tel modèle consiste actuellement en la crise alimentaire qui affecte le monde entier, surtout les pays pauvres». Mardi, des milliers d’agriculteurs ont occupé le siège de «Votorantim» à Sao Paulo, bloqué un train de la compagnie minière «Vale» dans le Minas Gerais, envahi une centrale électrique à Bahia, détruit deux hectares de cultures expérimentales de cannes à sucre destinées à la production de biocarburant dans l’État de Pernambouc et suspendu les activités du port de Pecem dans le Ceará pour protester contre la construction de cinq centrales thermoélectriques et d’une raffinerie.
Aides alimentaires: le niveau le plus bas de ces 50 dernières années
Par ailleurs, indique parallèlement l’Agence Misna, les fournitures mondiales d’aides alimentaires ont franchi en 2007 le niveau le plus bas des 50 dernières années. En raison de la hausse des prix des denrées alimentaires, elles sont en diminution constante depuis 1999, où elles s’élevaient alors à 15 millions de tonnes. En 2007, le flux des aides a diminué de 15% par rapport à l’année précédente, selon les données diffusées par le Programme alimentaire mondial (Pam), s’arrêtant à 5,9 millions de tonnes d’aliments livrées aux organisations internationales ; une si maigre quantité n’avait plus été distribuée depuis 1973, au moment où le monde avait dû faire face à une crise énergétique et alimentaire considérée analogue à celle qui se vérifie de nos jours.
«En conséquence de la hausse des prix alimentaires, les populations les plus vulnérables, dont des enfants et des femmes originaires des zones rurales et urbaines, mangent moins et moins bien», a souligné le Pam, rappelant qu’entre 2000 et 2007, le prix du froment a augmenté de 122% et celui du maïs de 86%. Apic/misna/pr)
Rome: Les évêques du Bangladesh en visite «ad limina»
Benoît XVI les encourage à consolider la «stabilité du pays»
Rome, 12 juin 2008 (Apic) Le pape Benoît XVI a invité les évêques du Bangladesh à «consolider» et à «maintenir» la stabilité de leur pays, l’un des plus pauvres de la planète.
Benoît XVI a reçu jeudi en audience les évêques de la Conférence épiscopale du Bangladesh, en visite «ad limina» à Rome. Il a souligné l’importance du «dialogue interreligieux» dans ce pays à majorité musulmane.
Le pape a ainsi souhaité que les évêques du Bangladesh encouragent les habitants à «coopérer pour le bien commun» et à «consolider la stabilité» du pays et à «la maintenir à l’avenir». Le Bangladesh, pays du sous-continent indien enclavé dans le nord-est de l’Inde, possède actuellement un gouvernement intérimaire après l’instauration de la loi martiale en janvier 2007 et dans l’attente de prochaines élections.
«L’Eglise est catholique», a aussi expliqué Benoît XVI, c’est «une communauté embrassant des peuples de toutes races et langages», elle n’est donc «pas limitée à une culture ou à un système social, économique ou politique particulier». «Vous et vos peuples, comme promoteurs d’harmonie et de paix, avez beaucoup à offrir à la nation», a continué le pape, estimant aussi que l’»amour» qu’ils portent à leur «pays» devait inspirer «la tolérance, la modération et la compréhension». Dans son discours en anglais, Benoît XVI a aussi invité les prélats à poursuivre leur engagement, alors qu’»une grande partie de la population souffre de la pauvreté, de la solitude ou de la discrimination».
Benoît XVI a enfin évoqué le caractère «essentiel» du dialogue interreligieux. A ses yeux, «fondé sur le respect mutuel et la vérité», ce dialogue «ne peut pas manquer d’avoir une influence positive sur le climat social de (leurs) pays». «Cette tâche délicate requiert une préparation complète du clergé et des fidèles laïcs, tout d’abord en leur offrant une connaissance plus profonde de leur propre foi», a expliqué le pape avant d’indiquer que cela aidera les fidèles «à grandir dans leur compréhension de l’islam, du bouddhisme et des autres religions présentes dans votre région».
Le Bangladesh est une démocratie parlementaire où l’islam a été reconnu comme religion d’Etat. Plus de 80 % des habitants sont de confession musulmane, plus de 15 % sont hindouistes. Les catholiques sont un peu plus de 300’000 pour une population totale de plus de 150 millions d’habitants. Le 11 janvier 2007, suite à de graves violences, un gouvernement par intérim a été mis en place pour organiser les élections au Bangladesh. Depuis, la situation reste incertaine dans le pays qui souffre d’une corruption intense, du désordre et de la violence politique. (apic/imedia/ms/pr)




