L’Eglise catholique redit sa position traditionnelle

Brésil: débat national sur la légalisation de l’avortement (191093)

«Mais il ne suffit pas de condamner l’avortement»

Brasilia, 19octobre(APIC) Le thème de la légalisation de l’avortement revient en force au Congrès national et dans l’opinion publique brésilienne.

L’Eglise catholique à son tour redit son opposition à cet acte contre la

vie tout en affirmant qu’on ne peut rester la conscience tranquille en interdisant simplement l’avortement.

Dans une interview donnée à «Veja», une des plus grandes revues hebdomadaires du Brésil, soeur Ivone Gebara, une religieuse engagée dans la pastorale des milieux défavorisés, estime que l’Eglise «doit approfondir ce thème controversé en prêtant attention aux paroles et aux expériences concrètes des femmes pauvres. Ces dernières ne peuvent être simplement condamnées

pour avoir pris des décisions difficiles en des moments cruciaux de leur

vie».

Lors de l’Assemblée des organisations du Peuple de Dieu, qui vient de se

terminer à Itaïci, près de Sao Paulo, réunissant divers mouvements de

l’Eglise catholique, le thème de l’avortement, qui n’était pourtant pas à

l’ordre du jour, est revenu sur le tapis. Plusieurs personnes ont souhaité

que l’on aborde franchement ce débat sans se limiter à la manière dont

l’Eglise a coutume de parler de ce problème. Pour plusieurs intervenants,

les condamnations et les jugements sur des personnes affrontées à ce grave

problème ne sont plus de mise.

Note des évêques brésiliens

La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) est intervenue dans

le débat en publiant une note réaffirmant le droit du foetus humain à la

vie. Les croyants doivent transmettre autour d’eux la position de l’Eglise

Celle-ci ne peut admettre l’avortement provoqué ni approuver sa légalisation. Mgr Luciano Mendes de Almeida, président de la CNBB, dans un article

publié dans le quotidien «A Folha de Sao Paulo», affirme qu’il faut surtout

organiser une grande campagne pour améliorer la qualité de vie des Brésiliens défavorisés: «Sans aucun doute, il s’agit de l’aspiration la plus

profonde de ceux qui insistent, avec raison, sur la nécessité de lutter

contre la mort de trop de mères lors de l’accouchement ou lors d’avortements clandestins. La nécessité d’assurer la survie de la mère signifie un

grand respect à la personne concernée, mais cela inclut aussi l’engagement

moral de sauver toute vie, et spécialement celle de l’enfant dans le sein

de sa mère».

L’avis d’organisations féministes

Différentes organisations féministes du Brésil souhaitent aussi discuter

du thème de l’avortement en relation avec la santé des mères. C’est le cas

de «Sempre-Viva Organisaçao Feminista» (SOF), une organisation non-gouvernementale, qui publie le bulletin «Femme et Santé». Selon la SOF, dans les

endroits où l’avortement est interdit, les femmes ne cessent pas pour autant de le pratiquer. Mais dans ce cas les avortements clandestins se font

dans des conditions sanitaires déplorables. Ce sont d’ailleurs les femmes

les plus pauvres qui prennent le plus de risques pour leur vie et leur santé: par manque de moyens matériels, elles sont quasi forcées à recourir à

des méthodes très dangereuses. Selon ce mouvement féministe, il convient de

légaliser l’avortement, gratuit et sûr, afin de diminuer les risques pour

ces femmes. (apic/em/ba)

19 octobre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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