Un évêque constamment fidèle à la théologie de la libération
Brésil: Démission de Mgr Antonio Fragoso, évêque de Crateus
Crateus, 26 février 1998 (APIC) Jean Paul II vient d’accepter, pour raison d’âge, la démission de Mgr Antonio Batista Fragoso, évêque de Crateus (Ceara) au Brésil, âgé de 77 ans, connu hors des frontières brésiliennes. «Dom Fragoso» a toujours défendu la dignité des pauvres et n’a jamais cessé d’appuyer les théologiens de la libération qui étaient ses inspirateurs et ses amis.
Avant d’être nommé évêque de Crateus en 1964, Mgr Fragoso avait été quelques années évêque auxiliaire de Sao Luis, la capitale du Maranhao. Son successeur est Mgr Jacinto Furtado de Brito Sobrinho né en 1947, jusqu’ici recteur du Grand Séminaire interdiocésain de Sao Luis.
Né 1920 à Teixeira dans la Paraiba, issu d’une famille paysanne très pauvre, l’évêque démissionnaire de Crateus est connu au Brésil et à l’extérieur pour ses positions courageuses en faveur des droits des paysans sans terre du Nord-Est et pour son appui constant aux théologiens de la libération qui venaient régulièrement dans son diocèse prêcher des retraites ou animer des débats avec les membres des communautés ecclésiales de base. Leonardo Boff et Frei Betto, pour ne citer que les plus connus, sont des amis personnels à qui il a toujours témoigné affection et confiance.
Ses prises de position lui ont valu l’hostilité de la dictature militaire qui voyait en lui un évêque «communiste», car il avait osé louer «le courage de la petite Cuba face à l’impérialisme des Etats-Unis en Amérique latine». Interdit de radio pendant plus de 10 ans, il n’a pas cessé de défendre publiquement dans sa cathédrale la cause des «laissés pour compte» en citant les noms des oppresseurs et en donnant des exemples concrets de la lutte des petits pour leur dignité. Il avait la même attitude quand il s’agissait de défendre un de ses prêtres arrêté et torturé par la Police fédérale.
Mgr Fragoso avait, à l’âge de 75 ans, comme le demande le droit canon, offert sa démission au pape. Il retourne ces jours dans son Etat d’origine, la Paraiba où il avait été ordonné prêtre en 1944. Professeur d’abord au Grand Séminaire diocésain, il avait été ensuite aumônier général de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) pour tous les diocèses du Nord-Est brésilien. Parlant parfaitement le français, il était aussi souvent en contact avec des mouvements apostoliques en Europe. (apic/cnbb/ba)



