Des milliers de signatures seront remises au Vatican

Brésil: Des éévêques mal vus à cause de leurs engagements aux côtés des Indiens

São Paulo, 3 mai 2000 (APIC) La question indigène, avec l’engagement personnel de quelques évêques religieux au service de leur cause, domine les travaux de la Conférence épiscopale brésilienne. Ceux-ci se sont ouverts le 26 avril, au terme des célébrations contestées du 500e anniversaire de l’arrivée des Portugais et elle doit s’achever mercredi 3 mai par la publication d’une lettre contenant une «demande de pardon» de l’Eglise pour ses «péchés» de contre-témoignage.

Au début de messe du 26 avril, présidée par le cardinal Sodano, envoyé spécial de Jean-Paul II, les revendications des Indiens ont explosé à travers un «hors programme», quand un Indien «Matalaué» s’est approché de l’autel pour protester contre «500 ans de souffrances, de massacres et de dévastations».

Le gouvernement et la presse brésilienne ont accusé Mgr Masserdotti, un combonien italien qui est évêque de Balsas et présidnt du Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), d’avoir «mis en scène» cette contestation, orchestrée avec d’autres évêques appartenant aux ordres religieux et présents en première ligne dans la défense des droits des Indiens.

Mgr Masserdotti, arrêté par la police quatre jours plus tôt alors qu’il participait à une manifestation en faveur des Indiens, a été accusé d’avoir contesté ouvertement le cardinal Sodano, «coupable» d’avoir défendu dans l’homélie de la messe le point de vue des «Conquistadores». Mgr Masserdotti a en revanche indiqué que, durant les travaux de la Conférence épiscopale, il a, avec d’autres évêques, dont le dominicain Thomas Balduino, président de la Pastorale de la Terre, et le bénédictin Eriberto Hermes, tenu à expliquer à tous les évêques les moyens utilisés par la police militaire pour empêcher les Indiens de faire connaître leurs griefs.

Mgr Masserdotti a fait savoir publiquement qu’il avait «demandé aux évêques de soutenir les revendications des communautés indigènes, qui demandent la démarcation des terres et la reconnaissance du statut des peuples indigènes. Je puis affirmer que l’assemblée des évêques a manifesté de l’intérêt pour mes propositions», a-t-il ajouté.

Dans les premiers jours de mai, un religieux se rendra au Vatican pour remettre à Jean Paul II des milliers de signatures recueillies à l’appui des revendications de justice sociale des Indiens de l’Amérique centrale et du Sud. (apic/cip/pr)

3 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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