Si la mondialisation échoue, seul Dieu peut transformer le monde
Brésil: Discours du catholicos Aram Ier à la 9e Assemblée du COE
Porto Alegre, 15 février 2006 (Apic) La mondialisation économique et technologique a transformé les possibilités de dialogue, mais elle a engendré de nouveaux grands défis pour l’Eglise chrétienne. Tel est le constat fait par le président du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le catholicos Aram 1er, de l’Eglise apostolique arménienne.
«Des efforts soutenus ont été faits au cours de l’histoire pour transformer le monde. Toutes les tentatives de nature politique, religieuse, économique, idéologique et technologique ont échoué», a affirmé le 15 février Aram ler, catholicos de Cilicie, devant les participants à la neuvième Assemblée du COE, qui se réunit à Porto Alegre, au Brésil. «En tant que chrétiens, nous croyons que seule la grâce de Dieu peut affermir, renouveler et transformer l’humanité et la création», a-t-il poursuivi dans un discours relayé par l’agence oecuménique ENI.
Abordant le thème de l’Assemblée – Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce – le président du Comité central a déclaré aux quelque 4’000 participants que «la mondialisation, avec son nouveau système de valeurs, ses paradigmes et ses pouvoirs, est une tentative de plus pour transformer le monde».
«Cette neuvième Assemblée a lieu à une époque de l’histoire du monde où les valeurs sont en déclin, les visions incertaines et les esprits confus, où l’injustice s’étend et où la paix est presque hors d’atteinte, où la violence et l’insécurité deviennent dominantes dans toutes les sphères de la vie humaine», a poursuivi Aram 1er, cité par l’agence ENI.
La mondialisation fortement ressentie en Amérique latine
Que cette Assemblée soit la première en Amérique latine, a-t-il fait remarquer, est particulièrement approprié, parce que les effets de la mondialisation ont été si fortement ressentis ici. «Les populations locales ont perdu la maîtrise de leurs ressources nationales et de leurs activités économiques, et le fossé entre riches et pauvres s’est creusé. Récemment, plusieurs pays ont élu des gouvernements partisans de stratégies de développement opposées aux politiques des institutions internationales», a poursuivi le président du Comité central. Il y a, a-t-il constaté, beaucoup à apprendre de ce continent et sur la façon dont les Eglises d’Amérique latine ont participé à l’édification de leur nation après des périodes de colonisation et de dictatures militaires.
Par ailleurs, a déclaré Aram 1er, «la croissance d’Eglises non institutionnelles et de mouvements charismatiques constitue une caractéristique importante du christianisme d’Amérique latine». Le président du Comité central a souligné que, face au déclin des grandes Eglises traditionnelles, causé par des divisions internes et la perte de leur influence au sein de la société, l’Eglise devient moins attirante pour les jeunes.
Ce qu’il faut, a demandé Aram 1er, c’est «un oecuménisme ouvert qui transforme les Eglises et accompagne leurs efforts de renouveau, qui met en question les perceptions archaïques et encourage la réflexion créatrice, qui s’efforce de remplacer les styles traditionnels par des méthodes novatrices, et les positions conservatrices par des attitudes réalistes.» (apic/eni/bb)



