Brésil: Eglises protestantes traditionnelles d’Amérique latine «éclipsées»
Nouveaux mouvements religieux en expansion
Wittenberg, 1er novembre 1998 (APIC) – Les Eglises protestantes traditionnelles d’Amérique latine sont aujourd’hui «éclipsées» par les nouveaux mouvements religieux dont la croissance est rapide et qui prêchent une «théologie de la prospérité».
C’est ce qu’a expliqué dernièrement Wanda Deifelt, professeur de théologie systématique au séminaire de théologie luthérienne de Sao Leopoldo au Brésil, lors d’une conférence organisée par la Fédération luthérienne mondiale (FLM) à Wittenberg sur le thème de «la justification dans divers contextes». Les Eglises pentecôtistes et charismatiques du Brésil, a-t-elle poursuivi, ont aujourd’hui «trois fois plus de membres que les grandes Eglises traditionnelles»:
«Alors que la laïcisation s’étend de plus en plus dans l’hémisphère nord, c’est le contraire qui se produit dans notre contexte», a-t-elle souligné. Des mouvement religieux tels que l’Eglise universelle du Règne de Dieu, qui prêche un «Evangile de prospérité», connaissent une croissance fulgurante. Cette Eglise avait provoqué une vive controverse lorsqu’en 1995, un de ses responsables avait insulté une statue de «Nossa Senhora de Aparecida», patronne du Brésil, au cours d’un programme télévisé.
Selon cette «théologie de la prospérité», les fidèles reçoivent la promesse d’une récompense immédiate pour les contributions financières qu’ils versent à l’Eglise. «Prier Dieu est presque comme une transaction commerciale», a expliqué Mme Deifelt. «Si je donne quelque chose à Dieu, Dieu doit me donner quelque chose.»
De tels mouvements recrutent leurs fidèles parmi les pauvres au Brésil. Même si la prospérité promise ne se matérialise pas, les gens continuent d’avoir foi en ces mouvements. «L’approche la plus commune est d’avoir deux religions. Afin de pour garantir que si l’une ne marche pas, on pourra recourir à l’autre.
Même si les responsables de ces Eglises semblent profiter beaucoup de l’Evangile de prospérité, Wanda Deifelt se défend de vouloir attaquer de tels mouvements. «Naturellement vous pouvez vous poser des questions sur leurs responsables. Mais dans un certain sens, ils ont une réponse à apporter aux questions des gens, a-t-elle fait observer. Ils s’expriment dans un langage que les gens comprennent, et disent ce que les gens veulent entendre.»
Les Eglises protestantes traditionnelles ne peuvent «apporter une réponse» à la pauvreté qui sévit en Amérique latine et aux Caraïbes. Alors que les luthériens sont plus d’un million au Brésil, l’Eglise universelle du Règne de Dieu compte beaucoup plus de fidèles. L’Eglise luthérienne du Brésil devrait «traduire ce que la justification par la foi signifie pour la vie des gens», a suggéré la théologienne.
Au niveau des paroisses, a conclu Wanda Deifelt, cela veut dire que les pasteurs et les responsables de notre Eglise doivent se montrer «encore beaucoup plus accueillants envers les gens et s’approcher les plus défavorisés». (apic/eni/ba)



