44% de la population brésilienne est noire ou métisse
Brésil: Etudiants noirs et pauvres se préparent aussi à entrer à l’Université
Sao Paulo, 3 septembre 1999 (APIC) Les Noirs constituent 44% de la population brésilienne mais ils ne sont que 5% dans les Universités. Pour entrer à l’Université, il ne suffit pas de réussir les examens d’entrée. Il faut également avoir des moyens financiers, c’est-à-dire venir d’une famille riche ou au moins appartenir à la classe moyenne.
Le théologien dominicain, Frei Betto, rappelle que le Brésil se trouve au deuxième rang, après le Nigéria, pour le nombre de Noirs dans un seul pays. Mais les descendants des anciens esclaves venus d’Afrique restent doublement marginalisés. Parce qu’ils sont pauvres et de couleur noire. En outre les bourses universitaires sont peu nombreuses.
Depuis quelque temps, un modeste espoir s’ouvre cependant pour les étudiants noirs. Dans la salle paroissiale de Notre- Dame de la Bonne Mort, située dans le centre historique de Sao Paulo, une pancarte en salue tous ceux qui veulent entrer: «Bienvenue au cours préparatoire à l’entrée à l’Université pour les étudiants noirs et pauvres».
Les cours donnés dans cette paroisse sont à l’image des 200 cours de même type créés au Brésil grâce à une initiative de la coopérative «Steve Biko» à Salvador da Bahia. Cette expérience, commencée en1992, suscite un véritable espoir pour les étudiants noirs. Depuis qu’elle a commencé, plus de 1’500 élèves noirs ont pu entrer dans une Université.
Il existe aujourd’hui 30 noyaux de ce type répartis dans 15 Etats brésiliens. Les locaux des cours sont mis à disposition gratuitement par des églises, des syndicats et des écoles publiques. Les professeurs, bénévoles, ne sont remboursés que pour leurs frais de déplacement.
Selon Frei Betto, il manque cependant la volonté politique de la part du gouvernement d’augmenter sérieusement le budget de l’Education dans ce domaine. Il est vrai que d’autres objectifs dans l’Education sont également urgents. Selon le dernier rapport officiel des Nations Unies, publié en 1999, 16% de la population brésilienne est encore condamnée à l’analphabétisme. (apic/dak/ba)



