Un espace oecuménique et plural qui célèbre la diversité

Brésil: Fin du Forum Mondial de Théologie et Libération à Belém, à la veille du FSM

Belém, 26 janvier 2009 (Apic) Plusieurs centaines de théologiens et théologiennes venus de diverses parties du monde, réunis au siège de la Fondation Culturelle du Pará, à Belém (Amazonie brésilienne) ont conclu dimanche leurs travaux dont la thématique était orientée sur le milieu naturel. Le Forum Mondial Théologie et Libération (FMTL), qui organisait l’évènement intitulé «Eau et terre pour un autre monde possible», est un espace «oecuménique, dialogique et pluriel qui célèbre la diversité».

Le FMTL regroupe différentes tendances théologiques – contextuelles, féministes, africaines, indigènes ou autochtones, oecuméniques, ou encore les théologies des religions. Pour sa troisième édition, le FMTL poursuit sur sa lancée, qui est de vouloir mettre en relation «théologie» et «libération» en réunissant les différentes théologies qui se réfèrent à ce qu’on désigne couramment sous le terme de «théologie de la libération» ou qui l’influencent. Ce Forum est constitué de personnes qui font, directement ou indirectement, de la théologie ou des sciences religieuses et sont engagées de différentes manières en faveur de la justice et de la paix à travers des réseaux tels le Forum Social Mondial (FSM), qui va justement ouvrir ses portes à Belém où se réunissent de mardi à dimanche près de 80’000 participants.

Le FMTL accueille et fait la promotion d’expressions de spiritualités écologiques tout en visant aussi une meilleure compréhension des problèmes socio-économiques mondiaux à la lumière des ressources de la théologie. Son comité organisateur comprend diverses organisations, dont l’Association oecuménique des théologiens du Tiers-Monde (www.eatwot.org), Amerindia (www.amerindiaenlared.org), la Société de théologie et de sciences religieuses (www.soter.com.br), le Centre d’éthique et de théologie contextuelles québécoises – CETECQ (www.ftsr.umontreal.ca/cetecq), le Centre oecuménique de service à l’évangélisation et à l’éducation – CESEP (www.cesep.org.br), le Centre oecuménique pour l’évangélisation, la formation et la consultation – CECA (www.ceca-rs.org), la communauté d’éducation théologique oecuménique d’Amérique Latine et des Caraïbes – CETELA (www.cetela.com.br), les facultés EST (www.est.edu.br), l’Université catholique pontificale de Rio Grande do Sul – PUCRS (www.pucrs.br), l’Institut Humanitas de Unisinos – IHU (www.unisinos.br).

Une théologie en phase avec les grands problèmes de l’humanité

Le secrétariat permanent du Forum Mondial Théologie et Libération (FMTL) se trouve à l’Université catholique pontificale de Rio Grande do Sul, dans le contexte du programme d’études supérieures de la Faculté de théologie de l’Université, et son secrétaire exécutif est Luiz Carlos Susin, docteur en théologie et professeur à l’Université catholique de Rio Grande do Sul, à Porto Alegre.

Le FMTL dispose d’un comité consultatif international qui est un réseau oecuménique de 26 théologiens provenant de différentes parties du monde et qui supervise de manière permanente l’organisation du FMTL à travers l’échange d’information, des consultations et des discussions.

Dans une interview à l’agence de presse brésilienne ADITAL, basée à Fortaleza, Luiz Carlos Susin rappelle que le Forum, qui en est à sa troisième édition, partage les préoccupations du Forum Social Mondial, car il propose «une théologie qui cherche à ouvrir des chemins concernant les grandes questions de l’humanité, qui parlent aussi à notre foi, à notre spiritualité…Dieu est aussi en cause».

S’il a lieu dans le cadre du FSM, «c’est parce que justement au Forum Social Mondial on débat aussi des questions d’ordre fondamental sur le du futur de la planète».

Le FMTL contribue à la création d’un réseau mondial de théologies contextuelles engagées pour la libération, l’option pour les pauvres et la solidarité envers tous les exclus et victimes des différents systèmes hégémoniques présents aujourd’hui dans le monde. Le FMTL est le fruit d’un contact entre des théologies qui ont émergé en Asie, en Afrique, en Amérique Latine, en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie.

Evoquant la diversité des théologies présentes à Belém – théologies de la terre, théologies indiennes, théologies féministes, etc. -, Luiz Carlos Susin relève que toutes ces tendances montrent le changement en cours face à la tentative d’imposer une pensée unique, une théologie qui s’est toujours considérée comme une théologie universelle, «mais en réalité c’était la théologie de l’histoire de l’Europe». Et Luiz Carlos Susin de relever qu’il y a d’autres formes de pensée et de sagesse qui ont une spiritualité et une expérience de Dieu. «Pendant longtemps, ces formes de pensée ont été réprimées et n’avaient pas droit à la parole. Ainsi, en relation avec le genre, par exemple, la voix théologique des femmes ne se faisait pas entendre, la théologie ayant un caractère patriarcal», relève celui qui passe aujourd’hui pour l’un des leaders incontournables de la théologie de la libération au Brésil.

Pour le professeur à l’Université catholique de Rio Grande do Sul, il existe bel et bien un pluralisme théologique: «Aujourd’hui, nous ne pouvons être pertinents que si nous pouvons entrer aussi, pour faire de la théologie, dans cette symphonie de nombreuses voix. Il n’y a pas de prétentions hégémoniques. Ce serait retourner à un système que nous tentons de dépasser». (apic/adital/be)

26 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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