Cérémonie de réconciliation le 18 janvier, lettre de Jean Paul II
Brésil: Fin du schisme des intégristes de Campos et réintégration dans l’Eglise romaine
Rio de Janeiro/Rome, 18 janvier 2002 (APIC) La Fraternité catholique traditionaliste Saint-Jean-Marie Vianney, issue du schisme de Mgr Lefebvre et active dans le diocèse de Campos au Brésil, a retrouvé vendredi 18 janvier la pleine communion avec Rome, annonce le Vatican.
La Fraternité jusque-là schismatique devient l’administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney, une circonscription ecclésiastique dépendant directement du pape, avec la permission de dire la messe selon l’ancien rite. L’évêque schismatique Licinio Rangel est officiellement reconnu comme administrateur apostolique.
Après 20 années de séparation, la réintégration se fera lors d’une cérémonie organisée à 18h dans la cathédrale de Sao Salvador de Campos. L’acte officiel débutera par la lecture du document d’accueil écrit par le pape Jean Paul II, la récitation de la profession de foi et le chant du Te Deum.
La Fraternité jusque là considérée comme schismatique est dirigée par l’évêque excommunié Licinio Rangel. Elle regroupe selon ses dires 26 prêtres et 28’000 fidèles dans tout le Brésil. La grande majorité de ces traditionalistes se trouvent dans l’Etat de Rio de Janeiro, dans la région de Campos dos Goytacazes. La cérémonie officielle est présidée par le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé, qui a reçu un mandat direct de Jean Paul II pour s’occuper des relations avec les disciples de feu Mgr Lefebvre au sein de la Commission pontificale «Ecclesia Dei» qu’il préside.
Le nonce apostolique au Brésil, Mgr Alfio Rapisarda, ainsi que le cardinal Eugênio Sales, archevêque émérite de Rio, l’évêque de Campos, Mgr Roberto Guimaraes, et l’archevêque métropolitain de Niteroi, Mgr Carlos Alberto Navarro, seront également présents. Aussitôt la fin de la cérémonie, tous les participants se dirigeront vers l’église de l’»Imaculado Coraçao de Nossa Senhora do Rosario de Fatima», construite par les traditionalistes, pour un acte d’hommage à la Vierge.
Opposition du côté d’Ecône
Selon l’agence d’information vaticane FIDES, le choix du retour au sein du giron romain se serait heurté à la forte opposition de Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, «qui s’est aussi rendu au Brésil pour les convaincre de ne pas se réconcilier avec Rome».
Chef de bureau à la Congrégation pour le clergé, le Père Fernando Guimaraes, présent à la cérémonie, a déclaré à FIDES que pour lui «la grande victoire aujourd’hui est celle du Christ et de son Eglise». Le Père Fernando précise que le début de la réconciliation date du Grand Jubilé de l’an 2000, quand le groupe des traditionalistes en visite à Rome a été reçu par le cardinal Castrillon Hoyos à l’occasion d’un repas. Quelques temps après cette réception, les traditionalistes ont envoyé une lettre demandant leur réintégration. Ils ont reçu une réponse positive de Jean Paul II.
Reconnaissance de l’autorité du pape et du Concile Vatican II
Le document lu à la cathédrale de Campos contient les dispositions que devront suivre les traditionalistes réconciliés: reconnaître dès à présent «l’autorité du pape en tant que vicaire du Christ et pasteur de l’Eglise; la légitimité du Concile Vatican II; la validité du rite de la messe approuvée par Paul VI. Les traditionalistes ont reçu la permission de célébrer la messe en latin selon le rite de Saint Pie V, en utilisant le missel de Jean XXIII.
Ces 20 dernières années, les traditionalistes de Campos ont construit des églises et des chapelles. Ils disposent en outre d’un séminaire, d’une école, d’?uvres d’assistance et de couvents. L’évêque réconcilié se rendra personnellement à Rome avec ses prêtres pour remercier personnellement le pape Jean Paul II «grâce auquel le diocèse est en paix et en pleine communion avec le Vatican». Mgr Rangel a précisé à FIDES que Mgr Roberto Guimaraes restera l’évêque diocésain de Campos. Il lui a attribué le mérite d’avoir mis fin au schisme.
Main tendue à Ecône
Pour sa part, le Père Fernando Guimaraes qualifie cette réconciliation de «grand moment historique, parce que ce schisme a eu son apogée sous le pontificat de Jean Paul II, et qu’il y voit aussi sa fin sous le même pontificat». «Il s’agit du premier groupe à demander la réintégration. Le dialogue avec les autres groupes reste ouvert, mais les temps sont dans les mains de Dieu».
La réconciliation avec Rome va prendre du temps, mais elle devrait survenir encore durant ce pontificat, le pape le souhaite, a déclaré pour sa part à l’APIC Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. «Les ponts ne sont pas coupés avec Rome. Des discussions avaient commencé il y a un peu plus d’un an et se sont poursuivies jusqu’à mi-2001. Mais depuis, il n’y a eu aucun développement dans nos rapports avec Rome», admet l’évêque schismatique d’origine valaisanne. Qui considère que la journée de prière des religions à Assise prévue pour le 24 janvier 2002 est «un nouvel obstacle majeur à un rapprochement avec le Vatican». (apic/fides/be)



