Une remise en évidence de la pensée de saint Thomas d’Aquin

Brésil: Frei Betto fait l’éloge de la nouvelle encyclique de Jean Paul II

Sao Paulo, 15 octobre 1998 (APIC) Pour le dominicain brésilien Frei Betto, un des plus éminents théologiens de la libération en Amérique latine, la 13e encyclique de Jean Paul II, «Fides et ratio» est très opportune et très positive. Dans un commentaire accordé jeudi au quotidien «Folha de Sao Paulo», il se réjouit que la dernière encyclique du pape invite à rouvrir le dialogue entre la raison et la foi. Car comme le dit le Nouveau Testament, «nous chrétiens, nous devons connaître les raisons de notre foi».

Frei Betto, qui a connu plusieurs années de prison lors de la dictature militaire brésilienne, précise encore que l’encyclique censure à juste titre un certaine pensée moderne qui met en exergue la débilité de la raison. Certes, à partir du 15e siècle, on a espéré beaucoup de la raison, et la raison est devenue progressivement «la grande reine du savoir». Mais après quatre siècles, le résultat pratique n’est pas des meilleurs. Nous sommes allés sur la lune, mais nous n’avons pas encore réussi à résoudre l’une des questions les plus importantes de notre siècle, à savoir la juste distribution des richesses entre toutes les nations de la terre. Nous n’en avons pas encore terminé avec la faim dans le monde. Avec l’expansion du capitalisme, la raison s’est trop restreinte à ambitionner le plaisir et le pouvoir et elle s’est affaiblie en se donnant ce caractère «utilitaire».

La nouvelle encyclique remet en évidence la pensée de saint Thomas d’Aquin qui a affirmé en son temps que «la raison est l’imperfection de l’intelligence». Notre intelligence est beaucoup plus vaste que notre raison. Elle s’ouvre, comme l’encyclique le souligne opportunément, à la transcendance. Dans l’encyclique, Jean Paul II révèle son désarroi devant le manque de sens dans la vie des personnes dans notre monde contemporain. Les personnes vivent souvent en fonction de l’hédonisme, de la consommation et du pragmatisme. Alors que la question essentielle reste: «Pourquoi sommes-nous dans ce monde?».

La nouvelle encyclique favorise la théologie de la libération

Pour Frei Betto enfin, à travers la valorisation de la raison comme recherche de la vérité, l’encyclique favorise la théologie de la libération qui est une effort pour expliciter, à partir de l’expérience de la souffrance du peuple latino-américain, la foi en Jésus-Christ. Pour le théologien brésilien, deux questions théologiques importantes, parmi d’autres, restent ouvertes. Comment promouvoir le dialogue entre la foi chrétienne et la culture orientale, qui ne suit pas la logique cartésienne occidentale? De fait, l’Eglise catholique est encore trop centrée sur une pensée européenne. D’autre part comment faire pour les mouvements charismatiques, qui se basent beaucoup sur l’émotion, puissent expliciter leurs raisons de croire? (apic/plp/ba)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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