L’évêque entame sa seconde semaine de sa grève
Brésil: Grève de la faim: des milliers de personnes aux côtés de Mgr Cappio
Brasilia, 11 décembre 2007 (Apic) Plus de 6’000 personnes se sont rendues lundi à Sobradinho, petite agglomération à 554 km au nord-ouest de Salvador, pour transmettre leur soutien à ’Dom’ Luiz Cappio, évêque franciscain de Barra, dans l’État de Bahia, en grève de la faim.
’Dom’ Cappio a achevé en début sa seconde semaine de grève de la faim pour protester contre le projet de déviation du fleuve São Francisco. Des religieux, des fidèles, des représentants de mouvements sociaux, de tribus indigènes et des descendants des esclaves noirs en provenance du centre de l’État de Bahia, mais aussi d’autres États (Mato Grosso, Minas Gerais, Pernambuco, Rio de Janeiro, Sao Paulo, Alagoas, etc.) se sont présentés dans la chapelle de São Francisco pour rencontrer ’Dom’ Cappio, qui a patiemment reçu tous ceux qui souhaitaient lui parler.
«Il est temps que le peuple lutte pour ses droits, pour ses besoins. La présence de vous tous ici, aujourd’hui, me rend très fort», a dit l’évêque de Barra à l’assemblée. Interviewé par les journalistes – alors que la protestation de l’évêque a été passée sous silence depuis deux semaines par les médias brésiliens -, Mgr Cappio a déclaré qu’il ne quittera pas la chapelle ni n’interrompra son jeûne tant que «les militaires n’abandonneront pas les travaux de déviation du fleuve».
Pendant ce temps, selon les informations fournies au quotidien «Folha de S.Paulo» par des assistants du président brésilien Luiz Ignacio Lula da Silva, le gouvernement serait préoccupé par cette nouvelle protestation de ’Dom’ Cappio et aurait demandé son aide à la Conférence épiscopale du Brésil (Cnbb) afin de convaincre le prélat d’interrompre sa grève de la faim.
L’évêque franciscain a entamé son jeûne le 27 novembre dernier, deux ans exactement après la première grève de la faim qu’il avait entreprise pour protester contre le projet de déviation du fleuve Saõ Francisco : il s’agit du troisième cours d’eau le plus long du pays, qui assure, le long de ses 2’700 km, la survie de 15 millions d’habitants de cinq États du nord-est brésilien.
Forte opposition
Cet ouvrage, dont le coût est estimé à deux milliards d’euros, prévoit la construction de 720 km de canaux qui irrigueront des lacs artificiels, des réserves d’eau et des rivières dans une région frappée de sécheresse chronique. Pour les organisations sociales qui s’y opposent depuis de longues années – depuis le «Mouvement des travailleurs sans terre» (Mst) à la Commission pastorale de la Terre (Cpt), en passant par la Caritas nationale, pour n’en citer que quelques unes -, 70% des eaux qui seront ainsi déviées dans les canaux serviront à l’irrigation de grandes cultures et d’importants élevages de crevettes, 26% à l’exploitation industrielle et 4% seulement à l’usage des populations des aires rurales et urbaines locales.
En 2005, l’évêque franciscain avait entamé une première grève de la faim qui avait duré 11 jours et qui n’avait pris fin que lorsque le président Luiz Inácio Lula da Silva s’était engagé, au nom du gouvernement, à prolonger le dialogue avec les représentants des communautés locales dans le but d’évaluer tous les aspects du projet. En mars dernier, Brasilia a approuvé les «études de faisabilité» et donné son feu vert aux travaux. (apic/misna/pr)



