Les chercheurs du bois précieux ont plus d’un tour dans leur sac

Brésil: L’acajou d’Amazonie est l’enjeu d’un commerce illégal

Brasilia, 16 novembre 1998 (APIC) L’Institut brésilien du milieu ambiant et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA) déplore que dans l’Etat du Para, en Amazonie, près du 80% du bois acajou ait été extrait illégalement des territoires appartenant aux Indiens. Le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), ne met pas en doute la bonne volonté de l’Institut, mais estime que l’organisme gouvernemental n’a pas les moyens de s’opposer vraiment au vol organisé par les chercheurs de bois précieux.

Selon la Constitution brésilienne, les ressources naturelles dans les terres qui ont été attribuées aux Indiens sont de leur usage exclusif. IBAMA a redit dans les médias que l’exploration, le transport et la vente de l’acajou trouvé en terre indienne sont interdits. Il a ajouté: «Depuis la fin octobre, toutes les scieries du sud du Para font fait l’objet d’une fiscalisation rigoureuse».

L’Institut a localisé en trois semaines d’inspection 15’000 mètres cubes d’acajou volé. Le volume du bois a une valeur de près de 5 millions de dollars. Selon le chef du département de la fiscalisation, Rodolfo Lobo da Costa, ces fraudes seront dénoncées auprès du Ministère public pour que la justice face son travail et empêche désormais le vol du bois précieux dans les terres indiennes.

Le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), liée à la Conférence nationale des évêques du Brésil, a déclaré de son côté que l’annonce par les médias de l’endroit où ce vol a été perpétré peut faciliter la disparition totale du bois recherché. Bien qu’Ibama ait décidé d’envoyer une équipe sur place, le CIMI reste septique sur les mesures prises: «l’IBAMA n’a pas de structures pour mettre la bois récupéré dans des hangars. L’acajou est certes juridiquement repris à ceux qui ont violé la loi, mais par manque de locaux adéquats, il reste pratiquement sous la garde des fraudeurs. Et peu à peu, le bois diminue jusqu’à disparaître totalement. L’an dernier l’Institut avait légalement repris possession de 710’000 mètres cubes de bois précieux, mais une grande partie s’est évanouie dans la nature. (apic/plp/ba)

16 novembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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