10’000 mendiants et travailleurs sous-payés dans la rue

Brésil: L’archevêque de Sao Paolo condamne l’assassinat des marginaux

Sao Paolo, 26 août 2004 (Apic) Après la mort de six personnes des suites de graves fractures tandis que 10 autres étaient grièvement blessées, il y a quelques jours, par des extrêmistes de droite, selon la police, le cardinal Claudi Hummes, archevêque de Sao Paolo, a condamné «cette violence et cette cruauté inacceptables».

Il y a quelques jours, un groupe d’inconnus a agressé, sans doute avec des bâtons et des barres, selon la police, quelques sans abris qui dormaient dans les rues du centre de la capitale économique du Brésil, Sao Paolo. Six personnes sont mortes des suites de graves fractures, tandis que 10 autres sont grièvement blessées. La police suspecte une bande organisée d’extrémistes de droite, «racistes et convaincus de procéder à un nettoyage social» en tuant ces personnes. D’autres violences, dans le passé, avaient touché des homosexuels et des immigrés. Les agents n’excluent pas que les agresseurs puissent avoir été engagés par les commerçants du quartier, dérangés par la présence des mendiants.

«Cette violence et cette cruauté sont inacceptables et doivent être vigoureusement rejetées», a déclaré le cardinal Claudi Hummes, archevêque de Sao Paulo, dans une note officielle. Il a condamné l’assassinat de six personnes sans domicile fixe, assassinées par des inconnus en plein centre de la métropole brésilienne. Le cardinal a défini les victimes comme appartenant au peuple indigène brésilien des «frères, qui représentent la partie négligée et souffrante de la population de notre ville».

L’Eglise appelle à aider ceux qui sont obligés de vivre dans la rue

Il a par ailleurs souligné que l’Eglise «a appelé à plusieurs reprises à la nécessité d’aider ceux qui sont obligés de vivre dans nos rues, sans refuge, au nom d’un devoir d’humanité et pour la foi en Jésus Christ. Ce devoir d’humanité doit être reconnu en toute personne, surtout chez les pauvres et les handicapés», a-t-il dit.

La police met en relation ces homicides avec l’incident d’il y a un mois, dans lequel six autres mendiants ont risqué de mourir après avoir bu le contenu d’une bouteille de liqueur abandonnée, contenant en réalité du poison à rats. «Le moment est venu pour nous et toute notre société de réfléchir profondément à nos responsabilités sociales et de se tourner vers ce qui devrait être notre tâche par-dessus tout, à savoir prendre soin de tout être humain», lit-on dans la note du cardinal Hummes. Selon les organisations d’assistance sociale, 10’000 personnes vivent dans les rues de Sao Paolo. Parmi celles-ci, des mendiants, mais aussi des travailleurs sous payés, dans cette métropole de 10,5 millions d’habitants, sans compter les districts périphériques. (apic/misna/vb)

26 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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