Comme au bon vieux temps de la dictature militaire
Brésil: L’armée brésilienne espionne l’Eglise catholique et les mouvements sociaux
Sao Paulo, 17 août 2001 (APIC) L’armée brésilienne a recours à l’espionnage contre l’Eglise catholique et les mouvements sociaux au Brésil, selon des documents internes de l’armée tombés récemment aux mains du Ministère Public brésilien. Ces méthodes, répandues au temps de la dictature militaire (1964-1985), semblaient pourtant appartenir à un passé révolu.
Les documents découverts par la justice brésilienne révèlent un plan pour espionner les agents engagés dans la pastorale sociale de l’Eglise catholique et les mouvements sociaux en Amazonie. Ces informations ont été révélées cette semaine par le quotidien «Folha de Sao Paulo». Plusieurs opérations secrètes sont en cours, dont l’une qui a débuté fin 1998, est intitulée «Opération Pêcheur».
Dans le collimateur des services de renseignements de l’armée, l’on trouve en premier lieu le Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST) et la Commission Pastorale de la Terre (CPT), liée a l’Eglise catholique. Les agents de la 23ème Brigade d’infanterie de la Selva (Forêt amazonienne) produisent des rapports hebdomadaires sur le MST. Ces informations confidentielles arrivent sur la table du ministre Alberto Cardoso, en charge du Ministère de la Sécurité Institutionnelle à Brasilia. Après filtrage, certaines d’entre elles sont transmises au président du Brésil Fernando Henrique Cardoso.
Durant ces trois ans de surveillance, l’armée a produit une centaine de documents sur le MST et d’autres mouvements et institutions sociales, comme la Commission Pastorale de la Terre. Les documents internes révèlent les liens et le soutien apporté aux ONG et aux mouvements sociaux par des parlementaires, des juges ou des mouvements de solidarité basés à l’étranger. Les informations récoltées par les agents de l’armée portent également sur l’origine de l’argent qui parvient aux ONG. Dans ces documents figurent les noms de prêtres et d’agents de la pastorale sociale, ainsi que d’Eglises évangéliques dans l’Etat du Para. Les manifestations populaires du «Cri des exclus» ont été particulièrement surveillées. Les documents de l’armée brésilienne ont une tonalité fortement idéologique et anticléricale, et sont très hostiles aux partis d’opposition et aux organisations qui leur sont liées. (apic/plp/be)



