La classe politique discréditée par la corruption
Brésil: L’Eglise catholique analyse la vie politique et sociale (311293)
Brasilia, 30décembre(APIC) La Conférence nationale des évêques du Brésil
(CNBB) vient de faire une évaluation de la situation politique et sociale
du pays en faisant appel à l’analyse des représentants de mouvements populaires et de politologues qui suivent les sessions parlementaires à Brasilia. Cette évaluation de fin d’année s’inscrit dans le contexte de la corruption de beaucoup de politiciens quotidiennement dénoncés dans les médias
qui relatent les travaux de la Commission parlementaire d’enquête (CPI).
La CNBB a voulu connaître les diverses phases de la crise économique et
politique que vit le Brésil: l’inflation galopante qui, pour le seul mois
de décembre, a subi une hausse de 40%; l’augmentation du chômage; enfin le
discrédit croissant des partis politiques et des politiciens corrompus.
Lors de cette évaluation, les spécialistes ont démontré les multiples
dimensions de la crise alimentant dans la population l’attrait de thèses
extrémistes. Certains Brésiliens se mettent à douter de la valeur de «la
démocratie formelle» au Brésil pour résoudre les maux sociaux qui atteignent les moins favorisés.
Le regard du président de la CNBB
De son côté, Mgr Luciano Mendes de Almeida, président de la CNBB, lors
de ses messages de Noël et de fin d’année, a mis l’accent sur l’importance
de nombreuses formes d’organisations populaires qui mobilisent un grand
nombre de citoyens brésiliens: les comités contre la faim, le mouvement
«Viva Rio» qui a mobilisé la grande ville pour exiger la fin de la violence, enfin toute l’action entreprise autour du «Noël sans faim», animée par
le sociologue Herbert de Souza. «Malgré les nuages sombres, comme la corruption des politiciens, nous devons reconnaître que des signes d’espérance
existent», a dit le président de la CNBB. «Il nous faut redoubler d’efforts
pour reconstruire notre pays. Le peuple n’a pas perdu pied, ni sa confiance
en ses propres forces pour exiger la justice».
L’ex-président brésilien non éligible
L’évaluation de la CNBB s’inscrit dans un contexte national où le combat
contre la corruption des hommes politiques continue de faire la une des
journaux. La population brésilienne a accueilli avec joie la récente décision de la Cour Suprême confirmant la décision prise par les sénateurs et
les parlementaires brésiliens l’an dernier: l’ex-président Fernando Collor
de Mello ne pourra participer à aucune élection avant l’an 2001. Par ailleurs, le Congrès national (réunion des membres du Sénat et de la Chambre
des députés fédéraux) vient de casser le mandat de trois députés qui ont
accepté de grosses sommes d’argent pour changer de parti.
De son côté la Commission parlementaire d’enquête (CPI), qui suit le
dossier des députés corrompus, continue son travail en montrant à tout le
pays – chaque jour apporte de nouvelles révélations scandaleuses – à quel
point des hommes politiques véreux se moquent de la démocratie qu’ils prétendent servir dans leurs discours électoraux. Certains députés honnêtes
estiment ce moment comme une heure de vérité et espèrent que la CPI ne bâclera pas ses travaux. Ils exigent que des sanctions sévères soient prises
contre les politiciens coupables. (apic/em /ba)



