Le CONIC demande aux évêques une position claire

Brésil: L’Eglise catholique interpellée au au sujet de l’œcuménisme

Brasilia, 14 septembre 2000 (APIC) Le Conseil national des Eglises chrétiennes du Brésil (CONIC), dont l’Eglise catholique est membre, a demandé à la Conférence nationale des évêques catholiques (CNBB) une déclaration publique et officielle sur l’avenir du mouvement oecuménique dans le pays, au lendemain de la publication romaine «Dominus Iesus».

Cette réaction du CONIC, un organisme qui regroupe, outre les catholiques, les Eglises méthodiste, évangélique de confession luthérienne, épiscopale (anglicane), réformée, presbytérienne unie et orthodoxe syrienne, exprime sa préoccupation devant les répercussions de la Déclaration «Dominus Iesus» récemment publiée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome.

Il faut relativiser

La directive du CONIC confirme dans une déclaration son engagement, suite au mandat du Christ «que tous soient un», et invite les Eglises membres à rester unies, comme c’est le cas depuis près de 20 ans, pour ne pas causer de tort au processus de rétablissement de l’unité chrétienne dans laquelle elles sont engagées avec tant de zèle et de fidélité. La note du CONIC, signée par son président, le pasteur presbytérien Joaquim Beato, relativise la force du document «Dominus Iesus» en regard d’autres documents de l’Eglise catholique, comme l’encyclique «Ut unum sint» de Jean Paul II sur l’oecuménisme.

«La Déclaration a l’intention de rappeler aux évêques, aux théologiens et à tous les fidèles catholiques romains qu’une mentalité relativiste est en train de se répandre toujours plus, dans la société moderne. Face à celle-ci, elle prétend réaffirmer le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ par rapport aux religions non-chrétiennes. Elle se rapporte, par conséquent, au dialogue interreligieux», précise le CONIC.

L’organisme reconnaît cependant que la déclaration «Dominus Iesus» affecte directement l’oecuménisme en traitant de l’unicité et de l’unité de l’Eglise. L’affirmation que «l’Eglise de Jésus-Christ continue d’exister pleinement uniquement dans l’Eglise catholique blesse profondément la conscience ecclésiale des autres traditions chrétiennes». Pour le CONIC, «il est étonnant que, après tant d’années de témoignage commun et de réflexion théologique oecuménique, surgisse un document qui ignore tout ce processus. On ne conçoit pas que, au seuil d’un nouveau millénaire chargé de menaces pour la vie et la dignité humaine, on provoque de nouvelles disputes entre les Eglises, qui affaiblissent la présence prophétique dans le monde». (apic/cip/pr)

14 septembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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