En campagne contre l’achat des votes
Brésil: L’Eglise catholique s’implique dans les élections municipales d’octobre
Santa Catarina, 10 août 2000 (APIC) Plusieurs diocèses brésiliens s’impliquent en vue des élections municipales d’octobre. Elles lancent une campagne de sensibilisation pour mettre fin à la fraude électorale par l’achat des votes.
Fourniture gratuite de matériel de construction, cadeaux de toutes sortes et promesses d’emploi: on ne compte plus au Brésil les trésors d’imagination déployés par les candidats aux élections pour s’attirer la sympathie des électeurs. Pour l’Eglise catholique ces opérations de séduction ne sont rien d’autre que de la corruption et de la fraude électorale.
L’achat des votes est punissable au Brésil. En théorie. Tout en exigeant le respect de la loi, l’Eglise entend sauvegarder le droit et la liberté de chaque citoyen.
Actuellement, les dix diocèses de l’Etat de Santa Catarina, au sud du pays, sont associés dans cette campagne contre l’achat des votes, inspirée par la Commission «Justice et Paix» de l’épiscopat brésilien et appuyée par plus d’un million de signatures.
La campagne contre l’achat de votes est répercutée dans les homélies dominicales, ainsi que dans les publications et dans les émissions de l’Eglise. Une brochure évoquant des exemples typiques de manipulation des électeurs sera mise à disposition des fidèles, tout comme les feuillets de prières et de lectures bibliques.
Facture de la corruption
C’est la première fois que des diocèses du Brésil s’engagent aussi loin sur le terrain d’une campagne électorale. «Il y a longtemps que nous déplorons l’achat des votes, mais on n’a jamais rien fait pour offrir aux fidèles d’autres perspectives», explique le Père Dulcio Antonio Araujo, coordinateur de la pastorale du diocèse de Joinville.
Il ne manque pas de raisons éthiques pour justifier cette campagne: «La corruption au Brésil coûte l’équivalent de 6’000 reals par habitant. C’est autant d’argent qu’on n’investit pas dans la santé, dans l’éducation. C’est de l’argent par lequel on maintient les pauvres dans la misère et on laisse se développer la violence, la consommation de drogues et la destruction des familles».
Fin juillet, une centaine de prêtres des diocèses de l’Etat de Santa Catarina se sont réunis à Rodeio pour discuter des pistes concrètes de réflexion à creuser dans leurs communautés. Depuis le 9 août, les brochures sont prêtes pour la distribution dans les diocèses. Des débats entre les candidats à la mairie seront également organisés. Ces rencontres sont mises sur pied par les laïcs qui ont reçu, dans des écoles diocésaines, une formation leur permettant de réfléchir aux liens entre leur foi chrétienne et leur vie citoyenne. (apic/cip/pr)



