Et rompre avec le modèle dominant, estime Pablo Richard
Brésil: L’Eglise doit changer, selon un théologien de la libération latino-américain
San José/Brasilia, 22 mai 2007 (Apic) L’Eglise catholique doit radicalement changer, si elle veut être à la hauteur de la tâche qui l’attend sur ce continent qui rassemble près de la moitié du 1,1 milliard de catholiques du monde, affirme un théologien de la libération latino-américain,
«Dans l’Eglise catholique actuelle, c’est la peur qui domine,» estime le théologien chilien Pablo Richard, aujourd’hui directeur du Département de recherche oecuménique à San José, au Costa Rica. «L’Eglise – réd catholique – s’est refermée sur elle-même et s’est coupée du monde. Elle pense que tous les problèmes se trouvent en dehors d’elle et est incapable de faire son autocritique.»
Pablo Richard s’exprimait lors du Colloque de théologie d’Amérique latine, organisé par le Conseil national des laïques du Brésil, parallèlement à la Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes, inaugurée par le pape Benoît XVI le 13 mai.
Chaque année au Brésil, un million de personnes quittent l’Eglise catholique, selon les statistiques de l’Eglise citées par le Conseil.
Le colloque a rassemblé 200 participants provenant de pays comme le Brésil, le Pérou, l’Argentine, la Colombie, l’Equateur, le Mexique et le Paraguay, pour discuter de la réforme de l’Eglise.
«L’Eglise – réd. Catholique – rejette la faute sur les ’sectes’», a déclaré Pablo Richard, faisant allusion aux mouvements pentecôtistes et évangéliques, qui progressent rapidement. «Mais en réalité, 80 % des croyants abandonnent l’Eglise traditionnelle parce qu’elle n’a rien à leur dire».
Le colloque de théologie qui s’est tenu du 18 au 20 mai a eu lieu à Pindamonhangaba, à 20 kilomètres de la ville sanctuaire brésilienne d’Aparecida.
«Un autre modèle d’Eglise est possible,» selon Pablo Richard. «Une Eglise consciente qu’à notre époque, la majorité des croyants ne se trouvent pas au nord et à l’ouest de la planète, mais à l’est et au sud». Le théologien chilien a déclaré que cela nécessitait «une rupture avec le modèle de la culture dominante, qui est profondément occidental et qui s’est développé dans les pays riches».
Les théologiens réunis à Pindamonhangaba se sont joints à plusieurs milliers de personnes qui ont parcouru à pied les 20 kilomètres qui les séparaient d’Aparecida, où un évêque a célébré une messe pour eux le 20 mai.
La foule portait des pancartes et des affiches sur lesquelles étaient inscrits des slogans comme «Nous sommes contre la migration forcée», «Pour la vie de l’Amazonie» ou «Tant qu’il y aura des pauvres dans le monde, il y aura une théologie de la libération». (apic/eni/pr)



