La communauté doit accueillir tous les enfants

Brésil: L’Eglise prête à adopter les enfants des mères en difficulté

Sao Paulo, 21 octobre 1997 (APIC) Au moment où le débat sur la question de l’avortement est relancé au Brésil, le président de la conférence épiscopale, Dom Lucas Moreira Neves, et le coordinateur de la pastorale familiale, Dom Claudio Hummes, ont apporté leur appui à l’évêque auxiliaire de Sao Paulo, Dom Angelico Bernardino, qui suggère que l’Eglise adopte les enfants nés d’un viol.

Selon Mgr Hummes, le débat en cours sur la réglementation de l’avortement légal est «un nouveau stimulant» pour l’Eglise, qui «reprend courage» dans son combat pour venir en aide aux enfants laissés à l’abandon. «Nous voulons accueillir ces enfants», a-t-il déclaré. «Ce serait une utopie de penser que l’Eglise peut assumer tous ces enfants. C’est une tâche qui doit être partagée avec l’Etat et avec toute la société», a ajouté le prélat. Un point de vue que partage Mgr Moreira Neves: si l’Eglise a toujours défendu l’institution de la famille, l’Etat doit lui aussi prendre ses responsabilités, a-t-il déclaré de son côté .

Pour Mgr Bernardino, l’Eglise, en attendant, peut donner l’exemple. «On ne peut supprimer un enfant, dit-il. Et si la mère ne peut rester avec lui, en raison de difficultés psychologiques, affectives ou économiques, c’est à la communauté ecclésiale d’accueillir cet enfant.» Au Brésil, l’avortement n’est pas autorisé, la loi datant de 1946 le permet uniquement dans deux cas précis: le viol ou quand la vie de la mère est en danger. Mais elle n’a jamais été appliquée, faute de décrets d’application. Au lendemain de la visite du pape, le parlement a repris l’étude de ces décrets d’application, dont l’Eglise craint qu’ils ne soient une première étape en vue de la légalisation totale de l’avortement.

Cette question agite le pays, d’autant plus que circule le chiffre d’un million et demi d’avortements clandestins par an au Brésil. Selon un sondage publié avant l’arrivée du pape, 76% des Brésiliens sont favorables à la légalisation de l’avortement en cas de viol et de danger pour la vie de la mère. (apic/cip/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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