L’Eglise catholique prend sa défense et celle des Indiens
Brésil: L’ingénieur forestier hollandais pourra avoir un procès
Brasilia, 31 mars 1998 (APIC) L’ingénieur forestier hollandais Winfridus Overbeek qui devait être expulsé du Brésil le 25 mars pour avoir défendu les revendications territoriales des Indiens pourra se défendre devant un tribunal. Le président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), le cardinal Lucas Moreira Neves, a reçu un avis dans ce sens du gouvernement brésilien.
Winfridus Overbeek, membre de l’équipe du Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), lié à la CNBB, avait vu la date de son permis de séjour réduit de deux ans à huit jours et devait être expulsé du Brésil, selon des menaces précises provenant du ministère de la Justice. Le laïc missionnaire hollandais était accusé d’inciter les Indiens Tupiniquim et Guarani à occuper des terres ancestrales dans l’Etat brésilien de Spirito Santo, des terres convoitées par la multinationale «Aracruz Cellulose SA».
Le CIMI avait alors immédiatement protesté contre ces mesures «autoritaires et antidémocratiques». Le cardinal Moreira Neves, archevêque de Salvador, avait de son côté écrit au président de la République, Henrique Fernando Cardoso, pour demander la révocation d’un décret de la Fondation nationale pour la protection de l’Indien (FUNAI). Ce décret, publié la semaine dernière, interdisait l’accès à toute personne de pénéétrer dans les terres des Indiens Tupiniquim et Guarani dans la commune de Colatina.
Le CIMI déclarait aussi de son côté que le décret officiel «transformait les terres des Indiens en un lieu de détention en empêchant les Indiens de communiquer avec les personnes de leur choix. L’Eglise catholique dénonce par contre la forte présence d’agents de la police fédérale dans les terres indiennes. Des policiers qui répandent la peur et menaçant les Indiens et arrêtant ceux qui les défendent». Toujours selon le CIMI, «tout se passe dans le style des années de plomb de la dictature militaire».
Dans une lettre adressée à son ami Winfridus Overbeek et envoyée aux médias, dom Pedro Casaldaliga, évêque de Sao Felix do Araguaia, écrit : «Si quelqu’un pense que le Brésil est une démocratie, soumise comme elle est, à la grande dictature néolibérale, le pauvre, il s’est bien trompé. Si quelqu’un pense que ce gouvernement brésilien – achetant les votes et se vendant pour sa réélection – et imagine qu’il s’agi d’un gouvernement brésilien en faveur du Brésil, et bien le pauvre, il s’est encore trompé». L’évêque de Sao Felix ajoute: «Les peuples indiens résistent depuis 500 ans. Nous missionnaires, originaires du Brésil ou venant de l’étranger, quand il s’agit de solidarité humaine et de Royaume de Dieu, nous continuerons à résister avec ces peules témoins. Ni les dictatures militaires, ni les démocraties néo-libérales ne pourront nous faire taire». (apic/ppl/ba)



