d’Action contre la faim et la misère

Brésil: la croissance des comités (041093)

«Un signe d’amour inspiré des Béatitudes», selon le président de la CNBB

Rio de Janeiro, 4octobre(APIC) Le nombre de comités «d’Action des citoyens contre la faim et la misère» prend de l’ampleur au Brésil. A la fin

septembre, on en comptait plus de 3’000 répartis dans tous les Etats du

pays. Mgr Luciano Mendes de Almeida, président de la Conférence nationale

des évêques du Brésil (CNBB) se réjouit de cette mobilisation populaire des

«forces vives de la société qui se mettent en route dans ce combat juste,

urgent et nécessaire».

Le président de la CNBB ajoute que dans chaque acte de solidarité concrète, il faut y voir davantage que le seul pain qui rassasie les affamés.

On y découvre aussi un geste de vie, fait d’amour pour les autres, qui nous

relie directement et mytérieusement aux béatitudes de l’Evangile.

«Quelque chose de nouveau est en train de naître au Brésil. C’est

l’idéalisme qui réunit les énergies des gens qui veulent changer la société. L’intention des comités d’Action des citoyens contre la faim et la misère n’est pas seulement de donner des aliments de base aux nécessiteux. A

la base, c’est un mouvement avec des perspectives politiques, économiques

et sociales. Il veut dépasser l’individualisme pour donner du travail aux

chômeurs et donner un accès à la culture à tous ceux qui en ont été si

longtemps privés».

L’appui d’un sociologue renommé

Les comités sont organisés dans tout le Brésil de manière décentralisée.

Ils reçoivent l’appui du sociologue renommé Herbert de Souza, dit «Betinho». Selon lui, durant ces quinze dernières années, une masse de 32 millions d’indigents s’est peu à peu formée au Brésil, certes à cause de la

récession économique, mais surtout à cause des graves négligences des autorités publiques qui n’ont pas pris des mesures sociales appropriées. Le

mouvement des comités de citoyens n’a pas de liens directs avec le gouvernement, ni avec les partis politiques. Il se veut un mouvement de pression

pour exiger des changements radicaux pour en finir avec la faim dans le

pays, tout en affirmant que le combat contre la misère devrait être le

principal objectif de l’économie plutôt que se contenter de poursuivre la

seule inflation monétaire.

Les projets du mouvement

Actuellement le mouvement réalise ses actions à travers des campagnes

contre la faim en offrant des aliments non périssables aux instituitons qui

travaillent avec les plus pauvres, mais aussi en favorisant l’organisation

des luttes des laissés-pour-compte. Betinho annonce que la deuxième phase

du mouvement sera l’établissement d’un programme d’emplois et la troisième,

prévue en 1994, la présentation d’un programme de projets politiques et

économiques pour tout le Brésil. (apic/em/ba)

4 octobre 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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