Les prisons brésiliennes sont réputées pour la dureté de leurs conditions | photo d'illustration: Pixabay.com
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Les prisons brésiliennes sont réputées pour la dureté de leurs conditions | photo d'illustration: Pixabay.com

Brésil: la Pastorale des prisons dénonce "l’institutionnalisation de la torture"

04.02.2019 par Jean-Claude Gerez, correspondant de cath.ch en Amérique latine

La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) a publié le 4 février 2019 une étude menée par la Pastorale des prisons dénonçant “l’institutionnalisation” de la torture dans les établissements du pays.

Publié sur le site internet de la CNBB, le document analyse 175 cas dénoncés aux autorités entre juin 2014 et août 2018. La majorité des dénonciations, effectuées par des agents pastoraux, des membres de la famille et des sources anonymes, proviennent de l’Etat de Sao Paulo, au sud du Brésil. Le rapport indique que 46% des personnes dénoncées sont des agents de l’administration pénitentiaires et 14% des policiers. 38% des cas de torture ont eu lieu dans des unités accueillant des détenus déjà condamnés, 20% dans des prisons regroupant des détenus provisoires et 25% des détenus dans des unités mixtes.

Un “contrôle social”

Dans son introduction, le rapport de la Pastorale des prisons souligne que la torture s’est “institutionnalisée” au Brésil. Pire, elle agirait comme une forme de contrôle social dont le système pénal est le principal protagoniste. “Les effets de la machine à maltraiter les corps, institutionnalisée au sein du système pénal et intensifiée par la politique d’incarcération massive, fabrique le génocide des noirs, le féminicide, l’ethnocide, entre autres politiques de mort”.

Une “violence structurelle”

Selon le rapport, 21% des plaintes reçues concernent des femmes, qui ne représentent pourtant que 5,8% de la population carcérale brésilienne. “La torture n’est pas seulement un acte de violence. Elle est structurelle. Les prisons du pays présentent de graves carences en terme d’assistance de base. Les cellules sont surpeuplées et de nombreux autres facteurs contribuent à créer un quotidien de douleur constant”, souligne le document. (cath.ch/jcg/rz)


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