Les mesures du nouveau maire contestées
Brésil: La ville de Rio veut nettoyer la ville de ses mendiants
Rio de Janeiro, 7 janvier 2009 (Apic) Le maire de Rio de Janeiro, en fonction depuis le 1er janvier dernier, entend mettre en application «certaines promesses électorales», en lançant une campagne en vue d’éliminer l’»occupation illégale du sol public» de sa ville et chasser de la rue les personnes sans domicile. Ces mesures font d’ores et déjà l’objet de critiques.
Le maire de la ville carioca, Eduardo Paes, du Parti centriste du Mouvement démocratique brésilien (PMDB), veut ainsi virer les indigents sans abri, dans le cadre d’une opération appelée «Choc de l’ordre». Elle a débuté lundi dernier. Avec l’appui de 2’000 personnes qui ont agi dans huit quartiers de la ville.
Selon des dépêches d’agences, dans le quartier dit de Bandeirantes, 34 «constructions» élevées illégalement sur des terrains appartenant à la municipalité ont été rasées. Parmi elles figuraient 18 maisons, une église et 15 magasins.
Le nouveau maire, précise que l’opération se développera de manière ininterrompue durant les quatre ans de son mandat. Cela pour «nettoyer les rues» des occupations illégales, expulser les mendiants, les enfants des rues ou autres citoyens sans toit. Selon le secrétaire du Département de l’urbanisme de Rio, Rodrigo Bethlem, «plus personne ne pourra désormais dormir dans les rues ou sur les places».
Les statistiques fiables sur le nombre de personnes qui vivent dans la rue à Rio sont quasi inexistantes. Les chiffres varient entre 2’300, que reconnaît le secrétariat de l’assistance publique de la mairie, à 20’000 avancés par la presse locale, qui se base sur des informations de plusieurs ONG.
Les mesures prises par les autorités municipales suscitent la polémique. Et plus particulièrement l’opération, prévue pour cette année, d’élever un mur de trois mètres dans la favela de Dona Marta, dans le quartier de Botafogo, rendue fameuse pour avoir été la première à avoir expulsé les trafiquants de drogue.
Selon la mairie, ce mur devrait permettre l’»accroissement vertical de la favela». Le maire Paes affirme que l’action a été acceptée par consensus, ce que réfutent les leaders communautaires, qui s’opposent à cette décision, affirmant que personne n’a été consulté. La campagne fait en outre l’objet de vives critiques d’ONG. Vivre dans la rue, avancent-elles, est un droit du citoyen. (apic/elp/ag/pr)



