Prendre des mesures énergiques pour mettre fin à la torture
Brésil: Le Brésil une nouvelle fois dans le collimateur d’Amnesty International
Londres/Sao Paulo, 18 octobre 2001 (APIC) Le Brésil est une nouvelle fois dans le collimateur d’Amnesty International (AI). Un nouveau rapport de l’organisation rend compte du recours généralisé et systématique à la torture contre des suspects ou des détenus au Brésil. Pour AI, il convient aujourd’hui de prendre des mesures énergiques pour mettre fin à la torture pratiquée dans ce pays. Policiers et militaires s’y entendent pour faire régner la terreur.
«Ils nous traitent comme des animaux». Cette plainte, entendue à maintes reprises par les délégués d’Amnesty International au cours de leurs visites régulières dans les prisons et les postes de police brésiliens, est également le titre du nouveau rapport de l’organisation de défense des droits humains, présenté jeudi 18octobre 2001 à São Paulo, au Brésil.
Publié alors que le gouvernement brésilien lance une campagne de lutte contre ce fléau, le rapport rend compte du recours généralisé et systématique à la torture contre des suspects et des détenus à tous les niveaux du système judiciaire brésilien, que ce soit au stade de l’arrestation, de la garde à vue dans les postes de police, ou de l’incarcération dans les prisons et les centres de détention pour mineurs.
Il y a seulement quelques semaines, dans un des établissements de Santo Andres, à São Paulo, des détenus ont été emmenés de nuit hors des cellules disciplinaires où ils étaient enfermés. Conduits dans une petite pièce, ils se sont vu recouvrir la tête d’une cagoule et ont été frappés durant plus d’une demi-heure. Ce traitement leur a été infligée pendant trois nuits.
«Aveux» sous la torture
De plus, la pratique qui consiste à arracher des «aveux» sous la torture semble être des plus courantes – à tel point qu’elle s’est substituée de fait aux méthodes modernes de maintien de l’ordre et d’investigation, dans un contexte de fortes pressions exercées sur les autorités et le pouvoir judiciaire pour les amener à lutter contre la progression de la criminalité.
Dans son rapport, l’organisation met également en exergue le sort des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants détenus dans les établissements d’un système pénitentiaire brésilien atteint de surpopulation au dernier degré, sur lequel l’attention de la communauté internationale a été attirée au cours des douze derniers mois par une série d’émeutes de prisonniers d’ampleur nationale.
Au cours de l’année écoulée, au moins 1’000 cas de brutalités infligées par des gardiens de prison ont été signalés dans les centres de la FEBEM, la Fondation brésilienne pour la protection des mineurs. Pourtant, à la connaissance d’Amnesty International, aucun des responsables présumés de ces agissements n’a été inculpé en vertu de la Loi relative à la torture. Ce fléau est pratiqué de manière généralisée, en toute impunité, sur l’ensemble du territoire brésilien. (apic/com/pr)



