D’autres tensions en perspectives

Brésil: Le gouvernement de Brasilia confirme l’homologation des terres de Raposa

Brasilia, 12 janvier 2003 (Apic) Le ministre de la Justice du gouvernement fédéral brésilien, Márcio Thomaz Bastos, a confirmé l’homologation – c’est- à-dire l’assignation définitive – des terres de la réserve indigène Raposa/Serra do Sol, dans l’Etat de Roraima, dans le nord du Brésil. D’autres tensions sont à craindre, de la part de ceux qui s’opposent aux droits des indigènes.

Le ministre Bastos a confirmé la décision du gouverneur de l’Etat, Flamarion Portela, qui s’est rendu à Brasilia afin d’y rencontrer le ministre et le président Luiz Inácio Lula da Silva. De ce sommet et du travail qui sera réalisé à partir de la semaine prochaine, par le comité de transition créé, devra émerger une solution aux problèmes de la zone, ceux des indigènes comme ceux des cultivateurs de riz.

Dans ce comité siégeront des représentants d’un ministère, du gouvernement de l’Etat de Roraima, de la Maison Civile, de la FUNAI (Fondation nationale de l’Indien) et de l’INCRA (Institut national de colonisation et de réforme agraire).

Bastos a catégoriquement exclu des pas en arrière dans l’homologation des terres, prévue pour la fin du mois de janvier, après 30 ans de luttes sociales, et a assuré que le processus de pacification sera garanti par un contingent militaire qui sera envoyé sur place pour garantir la sécurité de la population locale.

Les fazendeiros (propriétaires des latifundium) ont pour leur part décidé de supprimer une partie des barrages qui concernaient surtout les autoroutes 174 et 401 et interdisaient l’accès à la capitale Boa Vista et à toute la réserve de Raposa/Serra do Sol. En ville ce sont désormais les biens de première nécessité et le carburant qui commencent à faire défaut.

«En guerre»

«Notre geste n’est pas un geste de faiblesse»» a dit Agenor Fátio, un des fazenderos, leader des secteurs opposés à l’assignation définitive de la terre aux indigènes. «Au contraire», a-t-il ajouté, «nous sommes plus forts que jamais». Il a ensuite conclu en rappelant aux siens que qu’ils «sont en guerre».

A Raposa/Serra do Sol on compte environ 15’000 indiens appartenant aux ethnies Macuxi, Wapixana, Ingarikó, Patamona et Taurepang, qui revendiquent un droit de propriété sur 1,7 millions d’hectares de terrains que l’Etat a décidé de leur attribuer. Les cultivateurs de riz, les fazendeiros et les entrepreneurs de l’Etat de Roraima veulent que les villes et les propriétés terriennes qui ont vu le jour sur cette réserve soient exclues de cette homologation. D’où les manifestations de mauvaise humeur et le séquestre, en fin de semaine dernière, de trois missionnaires durant trois jours. La mission a été pillée et dévastée. (apic/misna/pr)

12 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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