La famine s’étend dans le Nordeste

Brésil: Le gouvernement est prêt à lancer l’armée contre les sans terre

Rio de Janeiro, 27 mai 1998 (APIC) Le gouvernement brésilien est prêt à engager l’armée contre les paysans sans terre qui souffrent de la sécheresse et de la faim dans le Nordeste, indique mercredi la presse du pays. Il s’agit surtout d’empêcher les affamés de piller les supermarchés, les dépôts du gouvernement, les cantines scolaires ou les camions de ravitaillement.

Dans la région sinistrée, seule une petite partie des dix millions de victimes de la sécheresse ont reçu une aide alimentaire. La police militaire n’est pas parvenue à stopper les vagues de pillage spontanées soutenues plus ou moins directement par le Mouvement des paysans sans terre (MST) et par divers secteurs de l’Eglise catholique.

Le président Henrique Cardoso a violemment condamné à plusieurs reprises les actions des paysans sans terre. Selon certaines sources, des dizaines de militants du MST ont été arrêtés. La presse relate que les paysans bloquent de plus en plus souvent les routes arrêtant les autobus et les camions pour exiger de la nourriture. Malgré les diverses aides, le taux de mortalité infantile a fortement cru dans de nombreux endroits. On compte aussi de nombreux suicides de pères de famille devenus incapables de nourrir leurs enfants.

L’Eglise catholique qui a lancé entre-temps une action d’aide en faveur des victimes par le biais du réseau des 8000 paroisses du pays, a également légitimé l’invasion de supermarchés. «La lenteur du gouvernement est telle qu’elle provoque nécessairement les occupations de terre et l’invasion de supermarchés. Au lieu d’envoyer l’armée pour empêcher les familles d’envahir les grands magasins le gouvernement devrait plutôt se servir de l’armée pour distribuer des corbeilles de nourriture», commente Mgr Orlando Dotti, évêque de Vicaria, dans l’Etat de Rio Grande do Sul.

La presse a également mis la main sur un rapport interne du gouvernement daté de septembre dernier qui prévoyait les graves conséquences de la catastrophe et préconisait la mise sur pied de mesures préventives. Les auteurs du rapport dénonçaient les risques de troubles, de panique, d’exode rural, de misère et de famine. C’est exactement ce qui se passe maintenant, déplore aujourd’hui la presse brésilienne qui réclame des sanctions contre les responsables. (apic/kna/mp)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!