Brésil: Le pape accepte la démission de Mgr Arns (Sao Paulo)
Après Lorscheider, un autre «monument» de l’Eglise s’en va
Mgr Hummes lui succède
Rome, 15 avril 1998 (APIC) Le pape Jean Paul II a accepté mercredi la démission de Mgr Paulo Evaristo Arns, titulaire du siège épiscopal de Sao Paulo, le plus important du Brésil. Atteint par la limite d’âge – il est né le 14 septembre 1921 -, le cardinal Arns passe pour l’une des plus grandes figures de l’épiscopat brésilien. Mgr Arns a été 27 ans durant à la tête de l’un des plus grands diocèses du monde.
Pour lui succéder, le pape a nommé Mgr Claudio Hummes, 64 ans, franciscain comme Mgr Arns, qui était depuis un an archevêque de Fortaleza, où il avait déjà succédé à un autre géant de l’épiscopat brésilien, le cardinal Lorscheider. Le pape a procédé mercredi à plusieurs autres nominations au Brésil.
Né le 14 septembre 1921 dans l’Etat de Santa Catarina, dans une famille d’origine allemande, ordonné prêtre en 1945, Mgr Arns étudia la pédagogie à la Sorbonne (Paris) pour devenir professeur de séminaire, tout en travaillant (plus de dix ans) parmi les pauvres de la ville de Petropolis. Professeur d’université et directeur du plus grand centre de formation du Brésil, il est devenu évêque auxiliaire en 1968, puis archevêque de Sao Paulo en 1970, avant d’être créé cardinal en 1973.
A Sao Paulo (deuxième agglomération du monde après Mexico), au coeur d’une région qui concentrait à l’époque plus de la moitié des ouvriers brésiliens, Mgr Arns se signala en jouant un rôle de premier plan dans les grèves des ouvriers métallurgistes (1979-1980). Son épiscopat fut marqué par la division de son immense archidiocèse, l’un des plus peuplés du monde (15 millions d’habitants), qu’il avait lui-même demandée, mais qui se solda par un éclatement, avec la création de cinq diocèses autonomes, alors que l’archevêque avait souhaité qu’ils gardent un lien avec la métropole.
Les milieux progressistes brésiliens avaient vu dans cette partition une atteinte à l’autorité du cardinal, en raison de ses prises de position et de son travail proches de la théologie de la libération. Il avait dû compter avec la censure imposée par la Police fédérale au journal diocésain «O Sao Paulo» et fut longtemps interdit de parole sur «Radio 9», qui appartenait également au diocèse.
Nombreuses marques de reconnaissances
Son engagement au service des droits de l’homme durant la dictature militaire lui a valu de recevoir plusieurs prix, et son engagement pour le dialogue interreligieux le Prix Niwano (Japon), qu’il est le seul catholique a avoir reçu après un autre évêque brésilien, Dom Helder Camara.
Mgr Hummes lui succède
Son successeur, Mgr Claudio Hummes est né le 18 août 1934 à Montenegro, dans l’archidiocèse de Porto Alegre. Ordonné prêtre en 1958, après des études de philosophie et de théologie chez les franciscains au Brésil, il complète sa formation par un doctorat en philosophie à l’athénée pontifical «Antonianum» dirigé par les franciscains à Rome (1959-1963), avant de suivre un cours de spéécialisation en œcuménisme à l’Institut Oecuménique de Bossey, à Genève (1968).
Mgr Hummes a été successivement professeur de philosophie et vicaire à Daltro Filho (1963-1968), directeur et professeur à la faculté de philosophie du grand séminaire de Viamâo, professeur de philosophie à l’Université catholique de Porto Alegre (1969-1972), ministre provincial des franciscains du Rio Grande do Sul (1972-1975), conseiller pour l’oecuménique auprès de la Conférence épiscopale brésilienne (1965-1968) et président de l’Union des Conférences latino-américaines des franciscains (1973-1974).
Nommé coadjuteur de Santo André le 22 mai 1975, Mgr Hummes a reçu l’ordination épiscopale le 22 mai 1976 et est devenu évêque de ce diocèse le 29 décembre de la même année. Le 29 mai 1996, il a été transféré sur le siège métropolitain de Fortaleza, où il a succédé au cardinal Aloisio Lorscheider. Au sein de la Conférence épiscopale brésilienne, Mgr Claudio Hummes a été responsable des commissions pour l’oecuménisme, les laïcs et a pastorale urbaine (1979-1982). Il a été aussi assistant national de la pastorale ouvrière (1979-1990) et est aujourd’hui responsable de la pastorale familiale (1995-1998). Il a participé l’an dernier à l’assemblée spéciale pour l’Amérique du Synode des évêques.
D’autres changements
Parmi les autres changements intervenus dans l’épiscopat brésilien, Mgr Gianfranco Masserdotti, un combonien italien de 56 ans, coadjuteur de Balsas, en devient l’évêque suite à la démission de son prédécesseur, Mgr Carlesi; l’abbé Irineu Roque Scherer, 47 ans, est nommé évêque de Garanhuns, et le P. Anuar Battisti, 45 ans, ancien président de l’Association des séminaires et instituts philosophiques du Brésil de 1988 à 1991, évêque de Toledo. Enfin, le pape a érigé le diocèse d’Itapetininga, qui sera suffragant de l’archidiocèse de Sorocaba, et en a nommé premier évêque le P. Gorgônio Alves de Encarnado Neto, supérieur des Clercs Réguliers Théatins du Brésil. (apic/cip/pr)



