Brésil: Le président Cardoso essaye d’amadouer des Indiens pour «les 500 ans du Brésil»

Sauvegarder son image à l’extérieur

Sao Paulo, 13 avril 2000 (APIC). Le gouvernement fédéral change de fusil d’épaule. Il lance une grande action de propagande pour amadouer des leaders indiens qui organisent, du 17 au 22 avril, la Marche et la Conférence des peuples et des organismes indiens du Brésil à Coroa Vermelha, au sud extrême de l’Etat de Bahia. Des fêtes prévues pour célébrer le 500e anniversaire de «la découverte» du Brésil.

La semaine dernière, ce même gouvernement a donné l’ordre à un bataillon de 200 policiers militaires d’attaquer ceux qui construisaient un monument à la mémoire des «martyrs indiens» dans le village de Coroa Vermelha. Ce «monument à la résistance» était édifié à côté de la grande croix d’acier inoxydable voulue par le gouvernement fédéral, pour remplacer une autre croix en bois placée au même endroit en 1930.

L’action policière est illégale, car la police militaire, selon la Constitution brésilienne, n’est pas habilitée à entrer dans les terres des Indiens. Et aucun acte judiciaire n’a été présenté pour justifier une telle violence.

Préoccupé de son image à l’intérieur et à l’extérieur du pays, les fêtes anniversaires approchant, le président Fernando Henrique Cardoso a envoyé mardi le général Alberto Cardoso, chef de région de la Chambre militaire do gouvernement, à Corora Vermelha pour faire une évaluation de la situation.

Modifications du programme

Résultat de la visite du général: la présidence de la République a annoncé des changements pour la célébration du 500e anniversaire de la «découverte» du Brésil par les Portugais. Le président ne se rendra pas, comme il était prévu, à Coroa Vermelha, le 22 d’avril. Ceci par mesures de sécurité. Par contre, le gouvernement veut offrir aux organisateurs de la Conférence indienne toute l’infrastructure nécessaire à sa réalisation. Entres autres, place suffisante, nourriture et matériaux nécessaires aux participants.

Le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), lié à la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), qui participe à l’organisation de ces journées, qualifie ce revirement du gouvernement d’étonnant: «Tout à coup, le gouvernement fédéral s’est converti à la cause indigène. Il y a seulement une semaine, ses mitrailleuses étaient dirigées contre la communauté indíenne et ses dirigeants. Aujourd’hui, il offre généreusement argent, alimentation et logement «.

Des relents de racisme

A la surprise de beaucoup, le représentant du président a fait une demande aux chefs indiens: il aimerait avoir en main tous les noms des 2’000 représentants indiens qui viendront la Conférence «pour qu’ils puissent librement passer les postes militaires établis dans la région. Ce passage serait par contre interdit aux Noirs et autres personnes faisant partie d’organisations populaires.

Le CIMI réagit vivement: «Cette manière de faire est du racisme érigé en raison d’Etat. Et une stratégie pour couper les relations de la solidarité entre les peuples indiens et les secteurs populaires. «Afin de les détruire tous!», déclare encore le CIMI dans une note divulguée aux médias brésiliens. «Les tentatives du gouvernement pour faire «une alliance provisoire ” avec les Indiens jusqu’au 23 avril sont des manœuvres pour empêcher que des critiques s’élèvent publiquement contre la politique du gouvernement envers les Indiens. La commémoration officielle du 500e anniversaire est prévue pour le 22 avril. Des chefs d’Etat, des personnalités du monde entier et des touristes sont attendus pour une grande fête que coûte environ 67 millions de reais aux contribuables brésiliens. (apic/plp/ba)

13 avril 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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