Protestation de plusieurs évêques

Brésil: Le théologien Carlos Mesters censuré

Brasilia, 18 novembre 1997 (APIC) La présidence de la Conférence épiscopale brésilienne (CNBB), dirigé par le cardinal Lucas Moreira Neves, a censuré le texte préparé par le théologien et bibliste Carlos Mesters en vue de la Campagne de Fraternité 1998 centrée sur le thème de l’éducation.

Ce texte avait été demandé au P. Mesters par les responsables de la Campagne de Fraternité, lancée chaque année lors du carême. La présidence de la CNBB l’a rejeté à l’occasion d’une réunion de la commission pastorale de l’épiscopat (CEP). Non qu’il contienne aucune erreur théologique ou biblique, mais pour des raisons d’ordre «politique», affirment les organisateurs de la Campagne.

Selon ces derniers, Carlos Mesters, comme d’autres représentants de la théologie de la libération, est mal vu de l’aile conservatrice de l’épiscopat brésilien, qui n’a pas digéré les méditations proposées à l’assemblée des évêques tenue à Itaici en avril dernier. Et encore moins un texte qu’il a consacré à la participation de Jésus à un «terreiro» (lieu liturgique) de «candomblé» (rite afro-brésilien) dans le document de base de la IXe Rencontre interecclésiale des Communautés de base tenue cet été à San Luis (Nordeste).

Plusieurs évêques, dont Mgr Casaldaliga, Mgr Balduino et Mgr Fragoso, se sont déjà insurgés contre la décision de la présidence de la CNBB. Ils ont écrit deux lettres, l’une à Carlos Mesters, pour lui exprimer leur solidarité, l’autre à la présidence de la CNBB pour protester contre une mesure dont ils ne veulent pas être «complices».

Ils ont aussi décidé d’interpeller les conférences régionales des évêques pour que l’adhésion à leurs deux lettres soit la plus large possible. «Cette récente mesure, écrivent-ils, a suscité un malaise parmi nous au sujet de la procédure adoptée à l’endroit du P. Carlos. Récemment, la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi a publié des normes pour l’examen doctrinal, en reconnaissant à l’auteur le droit à la défense. Cela ne peut lui être refusé.» (apic/cip/mp)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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