Les 7 bâtiments ouverts au public avant la démolition
Brésil: Les 74 derniers détenus de la tristement célèbre prison de Carandiru transférés
Rio, 16 septembre 2002 (APIC) Les 74 derniers détenus du pénitencier de Carandiru, le plus grand centre de détention du Brésil et d’Amérique latine, ont été transférés dimanche de cette prison, rendu tristement célèbre en 1992 avec le massacre de 111 prisonniers. En file indienne, la tête basse et les mains derrière le dos, ils ont pris place dans le bus, sous le regard du gouverneur de l’Etat de San paolo, Geraldo Alckmin. Construit pour 3’500 détenus, Carandiru en contenait jusqu’à 8’000.
Les travaux de construction du centre omnisport qui s’élèvera à la place de la prison pourront démarrer dans un ou deux mois a assuré le secrétaire général de l’administration pénitentiaire Nagashi Furukawa.
Avant la démolition, du 20 septembre au 20 octobre, les 7 bâtiments du complexe seront ouverts au public. Il sera possible de parcourir les couloirs, de visiter le réfectoire et les cours où en 46 ans sont passés au moins 170’000 détenus, contraints de partager à 12 la même cellule.
On pourra aussi entrer dans le tristement célèbre pavillon 9 qui a été le théâtre de la plus sanglante révolte de prisonniers dans l’histoire du pays sud-américain. Elle avait éclaté le 2 octobre 1992. Au terme de la mutinerie, brutalement réprimée par la police militaire, 111 cadavres de prisonniers furent retrouvés.
Des corps à moitié nus criblés de balles dans la plupart des cas atteintes dans le dos – preuve qu’ils ont été abattus de sang-froid bien qu’ils soient aux arrêts. Les organisations de défense des droits humains ont qualifié d’exemple flagrant de la violence des forces de l’ordre brésiliennes l’événement pour lequel le colonel Ubiratan Guirmarãs a été condamné en juin dernier à 632 ans de réclusion. Il était à l’époque le chef des agents chargés de mâter l’insurrection.
Durant le procès, il a soutenu que ses hommes n’ont fait que se défendre . «La preuve dira-t-il le nombre de morts n’est que de 111 prisonniers». Construit pour héberger au maximum 3’500 détenus, Carandiru en contenait jusqu’à 8’000. (apic/misna/pr)



