Les Pères synodaux interpellés sur les problèmes vécues
Brésil: Les communautés de base écrivent au Synode pour l’Amérique
Sao Luis, 3 décembre 1997 (APIC) Les communautés de base n’ont-elles pas droit à l’eucharistie? C’est l’interpellation adressée aux participants du Synode pour l’Amérique par les Communautés ecclésiales de base (CEB) du Brésil.
Réunis à Sao Luis, dans l’Etat de Maranhao, pour évaluer la dernière rencontre interecclésiale des CEB brésiliennes, tenue dans cette ville pour définir les grandes lignes de la prochaine rencontre, les délégués présents ont écrit aux évêques réunis à Rome pour leur demander de considérer quelques thèmes «incontournables»: l’ouverture à de nouveaux ministères; la fin de la discrimination de la femme et une «inculturation authentique» de la foi, de la théologie et de la liturgie.
«Le peuple d’Amérique Latine et des Caraïbes est en train de vivre dans un climat marqué par l’appauvrissement et de nombreuses injustices, insiste l’appel. Ce peuple reste animé par une foi profonde et il cherche, en tant que Peuple de Dieu, Eglise vivante, à témoigner qu’il est possible de construire un Règne où le lait et le miel coulent pour tous. Les CEB offrent des espaces de vie et de témoignage de cette espérance».
Acculés à l’impasse
Le document rappelle qu’à la Conférence générale de l’épiscopat latino-américain de Medellin (1968), «l’Esprit Saint a soufflé fort pour consacrer l’importance des CEB pour la vie et l’action de l’Eglise»; que celle de Puebla (1979), a défini les CEB comme «l’expression de l’amour préférentiel de l’Eglise pour le peuple simple, possibilité concrète de participation à la tâche ecclésiale et à l’engagement à transformer le monde»; que celle de Saint-Domingue (1992) a mis l’accent sur «le rôle primordial des laïcs».
Aujourd’hui, les communautés de base sont dans l’»impasse», beaucoup étant «constamment privées de la célébration de l’eucharistie», constatent les CEB. Rappelant qu’au Brésil 80 % des célébrations dominicales sont des liturgies de la Parole, faute de ministres ordonnés en nombre suffisant, elles posent la question : «Est-il juste de priver la très grande majorité du peuple catholique réuni dans les communautés de leur droit à l’eucharistie ?» Ce qui suscite une autre question, celle de «l’ordination d’hommes et de femmes des communautés elles-mêmes».
Les CEB constatent aussi le «grand défi» que représente pour le peuple le fait «d’accueillir avec joie la richesse culturelle héritée de tant de peuples indigènes et de millions d’Afro-Brésiliens qui participent à nos communautés. Dans l’expression inculturée de notre foi, de notre théologie et de nos célébrations, ajoutent-ils, nous voulons répondre à l’appel de Saint-Domingue à une évangélisation inculturée».
Dernier regret : «Nous ressentons aussi que les femmes, authentiques apôtres et messagères de la Bonne Nouvelle de Jésus, fidèles servantes dans tant de ministères au sein de nos communautés, restent discriminées au sein de notre Eglise, en contradiction avec la découverte révolutionnaire que, dans le Christ et pour ceux qui ont reçu le baptême, il n’y a plus «ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous êtes tous un dans le Christ Jésus’ (Gal 3,28)». (apic/cip/pr)



