Cri d’alarme du chef religieux Marcos Veron

Brésil: Les enfants des Guaranis se suicident par désespoir

Rome, 4 décembre 2000 (APIC) Ils avaient moins de 17 ans, certains seulement 9 ou 10 ans. Membres de la communauté des Indiens Guarani-Kaiowa, au Brésil, ils ont choisi de se donner volontairement la mort. Ces jeunes désespérés, fatigués de vivre comme des exclus et des marginaux sur leurs propres terres, font partie des 310 indios Guarani-Kaiowa qui ont choisi le suicide ces 15 dernières années dans l’Etat du Mato Grosso do Sul.

Selon l’un de leurs porte-parole, Marcos Veron, chef religieux du village de Taquara, qui a témoigné à Rome sur l’agonie programmée de son peuple, ces indigènes ne sont plus capables de supporter une vie faite de violence, de spoliations, de marginalité et d’abus de toutes sortes commis sur la terre qu’ils ont perdue pour toujours.

Au cours d’une rencontre organisée à Rome par l’association internationale «Survival», Marcos Veron a rappelé que les Guaranis font partie de l’une des communautés indigènes les plus nombreuses du Brésil, avec plus de 27’000 membres. Il fut un temps où l’ethnie des Guarani-Kaiowa occupait près de 40% du territoire de l’Etat du Mato Grosso do Sul.

Hier 40% des terres, aujourd’hui à peine 1%

Aujourd’hui, les autorités de Brasilia leur ont laissé à peine le 1% de leurs terres ancestrales. Marcos Veron a sollicité l’appui du gouvernement italien pour défendre la cause des Guarani-Kaiowa auprès du président brésilien Fernando Enrique Cardoso, afin que les populations indigènes obtiennent la propriété de leurs terres ancestrales et que l’on redonne de l’espoir à une jeune génération qui vit sans avenir. Il y a quelques années, une centaine d’Indios du même groupe ethnique avait menacé de commettre un suicide collectif comme mesure extrême pour empêcher leur expulsion des terres sur lesquelles ils ont toujours vécu. (apic/misna/be)

4 décembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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