Mais de la nourriture.

Brésil : Les enfants pauvres n’ont pas demandé de jouets au Père Noël

Brasilia, 26 décembre 2007 (Apic) « Cher Papa Noël, cette nuit de Noël, nous allons nous endormir avec la faim au ventre ». Cet extrait de lettre est l’un parmi des milliers d’autres envoyés à la Poste de Recife, au nord du Brésil, une région pauvre du pays. Ces lettres sont adressées au Père Noël.

Sur 10’000 lettres ainsi reçues dans la seule ville de Recife, 6’000 demandaient de la nourriture, en lieu et place de jouets.

« Les enfants pauvres du Brésil ne demandent pas de cadeaux aux parents. Parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas les acheter », commentent un employé du courrier de la poste de Recife.

Ainsi, cette lettre écrite par un enfant de 13 ans, citée par « El Pais » , qui aimerait recevoir une paire de souliers no 37. « Mais, dit-il, en réalité, c’est de nourriture qu’à besoin ma famille. Mes parents n’ont pas de travail. Mon papa vend des bombons. Mais l’argent n’arrive pas et ne suffit pas pour acheter à manger. Il y a des nuits où nous nous endormons avec le ventre vide. Ma mère est triste ». A Recife, les lettres parvenues à la poste sont si édifiantes qu’il arrive souvent que des fonctionnaires se mobilisent pour apporter sous forme de cadeaux de la nourriture à ces enfants, à ces familles.

Cette demande de nourriture pourrait paraître étrange dans ce pays avec un gouvernement qui prétend avoir le meilleur programme social au monde, écrivait la semaine dernière le quotidien « O Globo ». Qui s’étendait par ailleurs sur la grève de la faim d’un évêque, Mgr Cappio, qui entendait lutter contre le détournement d’un fleuve voulu par le gouvernement de Lula, au bénéfice des nantis et au détriment des communautés indigènes.

Mgr Cappio a aujourd’hui mis un terme à sa grève, sans pour autant arrêter son action de proteste, contre la pauvreté et des décisions gouvernementales qui déçoivent de plus en plus. (apic/elp/pr)

26 décembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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