Brésil: Les évêques brésiliens appuient résolument le «Cri des exclus»
La politique sociale du gouvernement mise au pilori
Brasilia, 14 septembre 1998 (APIC) La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) vient de mobiliser des centaines de milliers de personnes pour protester contre la politique sociale de gouvernement. Depuis 1995, la CNBB demande chaque année aux Brésiliens de fêter de manière différente l’anniversaire du «Jour de l’indépendance» ou «Jour de la Patrie» qui se déroule traditionnellement le 7 septembre.
La CNBB a organisé en 1998 les manifestations de concert avec le Mouvement des paysans sans terre (MST), la Centrale unique des travailleurs (CUT) et la Centrale des mouvements populaires (CMP). «O Grito dos Excluidos», (»Le Cri des Exclus») – le mot cri a été choisi pour exprimer la force de la dénonciation d’une situation d’extrême gravité – en était à sa quatrième édition. Plus de 1300 villes de pays ont vu des gens se réunir dans tout le pays.
Le plus grand acte publique, réunissant plus de 80’000 personnes, s’est déroulé près du sanctuaire marial d’Aparecida do Norte dans l’Etat de Sao Paulo. D’autres rencontres dans les capitales de Etat, préparées dès le mois d’août, ont également provoqué de grands rassemblements et de grandes marches venues des campagnes. Partout où ils passaient, les participants prenaient le temps pour exposer à la population l’urgence de changements politiques et sociaux dans le pays. La réforme agraire, la santé publique, l’éducation et le chômage étaient pour eux les sujets les plus brûlants.
Les discours des agents de la pastorale, des syndicalistes, des responsables des communautés de base, voire des évêques, avaient le même ton et souvent les mêmes sujets: condamnation du payement de la dette externe du pays et des privatisations des grandes entreprises nationales. Les orateurs n’ont pas hésité à critiquer le président Fernando Henrique Cardoso.
Bientôt les élections
Alors que les élections pour la présidence de la République et des parlementaires sont toutes proches ( 4 octobre), ces manifestations publiques ne plaisent évidemment pas au gouvernement en place. Dans une interview donnée à la fin de la grande réunion d’Aparecida, Mgr Luiz Demetrio Valentini, évêque de Jales, et coordinateur de la pastorale sociale de la CNBB, y fait allusion. Il demande au président Cardoso d’accorder davantage d’attention au «Cri des exclus», en ajoutant: «Le président de la République devrait justement valoriser les réclamations qui viennent de la base au lieu d’y voir seulement des actes d’opposition à sa politique». L’évêque de Jales n’hésite pas non plus à dénoncer «le faux évangile du néo-libéralisme», et «l’hypocrisie des pharisiens » qui refusent au peuple le droit de s’organiser pour défendre ses droits. Et d’ajouter ce commentaire à la prière du «Notre Père»: «Notre pain de ce jour inclut la santé, l’éducation, le logement, le travail, les transports, le repos, la justice, la liberté, et la participation. «
Mgr Valentini a en outre annoncé qu’en 1999, le «Cri des Exclus» sera une manifestation latino-américaine. En l’an 2000, elle aura un caractère continental «en criant les aspirations de toutes les Amériques». (apic/plp/cip/ba)




