Mgr Chemello répond au président de la République

Brésil: Les évêques brésiliens dénoncent l’usage de la guerre

Sao Paulo, 10 juin 1999 (APIC) Les évêques brésiliens sont préoccupés par l’augmentation vertigineuse de la violence dans le pays et dénoncent l’usage de la guerre pour résoudre les conflits entre nations. «Le Brésil, naguère solidaire, a perdu cette qualité aujourd’hui. Nous souffrons des ravages d’une économie injuste, du chômage et de la distorsion des valeurs de la famille», a déclaré entre autres le président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), Mgr Jayme Henrique Chemello.

Lors de leur dernière réunion, les évêques brésiliens ont lancé un appel à la paix. Mgr Chemello a dit «souhaiter rencontrer prochainement Fernando Henrique Cardoso, président de la République».

«Toute guerre est maudite!»

Faisant référence à la dernière guerre du Kosovo, les évêques écrivent en outre: «Toute guerre est maudite». Le chemin pour retrouver la paix, c’est pratiquer la fraternité, la justice. Jamais la guerre!» Selon eux, la solution aux conflits inévitables entre nations doivent être traités par la négociation, jamais par les armes.

Il s’agit de la première manifestation publique de la CNBB sous la nouvelle présidence de la CNBB, élue en avril.

La déclaration que le président Cardoso a faite en avril en Allemagne, selon laquelle l’Eglise catholique au Brésil ne devrait pas se mêler d’économie et de politique, était aussi à l’ordre du jour de la réunion des évêques. Mgr Chemello a déjà annoncé la couleur:; «Je vais dire au président, que s’il est vrai que je suis représentant de l’Eglise catholique, je suis aussi un Brésilien».

Une projet de loi interdisant la vente d’armes

L’augmentation de la violence urbaine au Brésil provoque un débat national comme aux Etats-Unis. Le gouvernement fédéral est en train d’élaborer un projet de loi interdisant la vente et la possession d’armes à feu. Le projet divise l’opinion publique.

Sur ce point, le président de la CNBB est d’accord avec le projet de loi gouvernemental, mais il avertit : «La racine du problème, c’est toujours et encore le manque d’une politique sociale. On ne se préoccupe pas en haut lieu des premières nécessités de la population. S’il existe la misère, le chômage et la banalisation de la vie, la violence ne cessera pas».

Le Brésil est exportateur d’armes. En 1998, les cinq plus grands fabricants d’armes et de munitions ont vendu pour 70 millions de dollars d’armes à l’extérieur. Ces entreprises essayent de créer un lobby pour empêcher l’aboutissement du projet gouvernemental concernant l’interdiction de la vente des armes aux personnes individuelles. Elles allèguent déjà qu’il porte atteinte à la liberté du commerce. (apic/dak/ba)

10 juin 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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