Ils nient leur participation dans l’assassinat de deux policiers

Brésil: Les Indiens Pataxo expulsés de leurs terres?

Pau Brasil, 25 novembre 1999 (APIC) La situation des Indiens Pataxo Ha-ha-hae dans la commune de Pau Brasil, dans le sud de l’Etat de Bahia, reste très critique. Accusés d’avoir tué deux policiers la semaine dernière, alors qu’ils crient leur innocence, ils viennent d’être expulsés par un bataillon de 500 hommes de la Police militaire (PM) envoyés par César Borges, gouverneur de l’Etat de Bahia.

Les 16 novembre dernier, les Indiens avaient reconquis 2000 hectares de leur territoire ancestral occupé alors par neuf propriétaires terriens dans la région Caramuru Catarina Paraguaçu. Près de 1’200 Indiens, avec l’appui des Pataxo du sud du pays de l’Etat de Bahia avaient participé à cette reconquête.

Selon le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), lié à l’Eglise catholique, qui a envoyé des avocats dans la région pour accompagner les derniers événements, les policiers ont agressé et blessé des Indiens, détruit des maisons et tué des animaux domestiques. Sheila Brasileiro, anthropologue du Ministère public fédéral, témoin oculaire de l’arrivée des policiers sur place, a déclaré que «la Police militaire a agi avec barbarie. De plus, sans aucun mandat judiciaire».

Quels sont les auteurs de l’assassinat de deux policiers?

Les Indiens Patacho sont actuellement regroupés sur le territoire de la «Fazenda Milagrosa», dont le propriétaire a accepté provisoirement un accord avec l’organe officiel gouvernemental de la Fondation des Indiens (FUNAI). Ils nient avec véhémence être les auteurs de l’assassinat des deux policiers. Ils refusent absolument la version de la police militaire, véhiculée par les médias, selon lesquels les deux policiers auraient été victimes d’une embuscade de la part des Indiens. Les Patacho accusent au contraire des hommes de mains des grands propriétaires d’avoir tué les deux policiers pour offrir un prétexte à l’entrée en force du bataillon dans le territoire reconquis.

Actuellement la Police militaire a quelque peu diminué son effectif dans la région mais continue de la contrôler par des patrouilles. Quant aux négociations en cours, les grands propriétaires s’opposent à l’accord provisoire conclu avec la FUNAI et le Ministère publique. Selon les premiers éléments connus, la FUNAI accepterait de payer, dans un laps de temps de six mois, des indemnisations aux grands propriétaires pour les investissements faits de bonne foi sur le territoire des Indiens. Durant ce temps, on tâcherait également de relancer en justice l’action en nullité des titres immobiliers acquis par les grands propriétaires. Une affaire qui dure depuis 17 ans auprès de la Justice fédérale. Le président de la FUNAI, Carlos Frederico Mares, se dit également prêt à parler et à négocier avec chaque propriétaire terrien individuellement. (apic/plp/ba)

25 novembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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