Quand l’argent vaut plus que l’homme
Brésil: Montée du chômage au Brésil: les évêques montent aux barricades
Brasilia, 24 mars 1999 (APIC) «Un modèle économique qui vise à la concentration de la richesse ne peut que conduire au développement de la pauvreté sociale»: telle est en substance la teneur d’un document publié par le Conseil national des Eglises chrétiennes du Brésil (CONIC), qui analyse la difficile situation économique du pays.
Le document demande aux Eglises de redoubler d’efforts pour construire une société «juste et fraternelle», et critique le gouvernement pour avoir adopté une politique économique «qui soumet l’individu aux intérêts économiques et financiers».
Dans le même temps, le bulletin officiel de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) publie une étude sur «Le problème du chômage», qui traduit «la gravité de la situation sociale», dont les conséquences «sont des plus pernicieuses». Il ne s’agit pas seulement de «rémunération», précisent les évêques, mais d’un «état de vie qui ne permet pas d’assurer à sa famille la subsistance ou le droit au loisir».
«Le chômage est un fléau qui révèle le peu de cas que l’on fait de la dignité de la personne humaine», poursuit le document, qui constate que le réal (la monnaie brésilienne) «est devenu beaucoup plus important que le Brésilien «. Or «une intervention intelligente et humaine du gouvernement dans l’économie pourrait ouvrir des brèches au travail, mais diminuerait la masse d’argent qui vient rassasier l’appétit de gain des puissants qui sucent le pays».
Si l’intervention de l’Etat semble actuellement hypothétique, notent les évêques, les particuliers peuvent faire beaucoup, par exemple en employant du personnel domestique en leur payant un juste salaire et en leur garantissant une couverture sociale… ” Faire baisser l’incidence du chômage est une oeuvre évangélique, bienfaisante, que Dieu ne manquera pas de bénir», conclut le document des évêques. (apic/cip/pr)



