Le Père Felicio célèbre la messe non en chasuble
Brésil: Nomination du cinquième évêque noir du pays
mais avec des vêtements africains colorés
Salvador da Bahia, 9 février 1998 (APIC) Le dernier évêque nommé au Brésil est un prêtre noir, Gilio Felicio. Il continuera, dans ses nouvelles fonctions, «le travail de valorisation de la culture noire dans l’Eglise Catholique». Il est le cinquième évêques noirs sur 400 évêques au Brésil.
Nommé évêque auxiliaire de Salvador da Bahia, le Père Felicio s’est acquis une notoriété dans la ville de Santa Cruz do Sul en célébrant la messe non en chasuble, mais revêtu des vêtements africains colorés, en dansant avec les fidèles et en incluant dans l’offertoire du grain de mil, des fruits, du pain ordinaire et des instruments de travail rappelant l’époque de l’esclavage.
Rien à voir avec du syncrétisme: «Ce n’est pas un mélange des religions, mais l’utilisation d’éléments communs de la culture noire», a-t-il expliqué au «Jornal do Brasil». A Salvador, où Mgr Felicio exercera son activité pastorale, «il existe déjà un grand travail d’attention profonde à la culture noire», se réjouit-il. Mais il regrette: «malgré l’ouverture du Saint-Siège pour la culture noire, il y a encore une grande distance entre l’Eglise et les cultures indigènes et noire».
Actuellement, sur 400 évêques catholiques que compte le Brésil, cinq seulement sont noirs, alors que les noirs représente 44 % de la population. Le pays ne compte que 500 prêtres noirs, sur un total de 14’000: «A l’instar de la société brésilienne, l’Eglise n’est pas encore parvenue à surmonter le racisme. Il va falloir que le blanc se guérisse de son complexe de supériorité et le noir de son complexe d’infériorité». Le P. Felicio a dû compter avec la résistance de fidèles lorsqu’il a introduit les symboles africains dans la liturgie. «La petite blessure, c’est comme la grâce divine qui touche les personnes, dit-il. C’est le lien avec la nature. C’est pour cela qu’on voit beaucoup de feuilles très vertes dans nos célébrations».
Le futur évêque se sent «appelé à lutter pour l’intégration des noirs et de leurs symboles dans l’Eglise catholique». Car «il n’y a pas de valeurs évangéliques si l’Eglise permet que le racisme perdure dans la société», a-t-il expliqué. (apic/cip/pr)



