Pour une politique économique qui respecte les personnes
Brésil: ’Non’ des évêques à la privatisation d’une entreprise
Sao Paulo, 22 octobre 1997 (APIC) Lors de leur 35e Assemblée générale, les évêques catholiques brésiliens sont intervenus dans le vaste débat national sur la vente d’une des principales entreprises de l’Etat. Les évêques ont demandé au gouvernement de suspendre le processus de privatisation.
Face à la décision du gouvernement brésilien de privatiser la Compagnie Vale do Rio Doce (CVRD), et les évêques ont exprimé leur perplexité dans un document intitulé: «Pour un discernement démocratique: une vie digne». La CVRD, en effet, est une entreprise prospère qui génère des bénéfices énormes et croissants, détient des réserves minières (or et fer) colossales et possède la plus importante flotte céréalière du monde. Les évêques font remarquer que c’est au pouvoir législatif, et non à l’exécutif, qu’il appartient de décider des privatisations, comme de légiférer sur l’utilisation des sols.
Les évêques relèvent en outre que la privatisation jetterait sur le pavé des milliers de travailleurs, augmentant du même coup la marginalité et la violence. Ils affirment enfin qu’une politique économique juste donne la priorité à la dignité de la personne humaine et au respect des droits du citoyen.
Dans le même document, les évêques proposent d’autres moyens pour résoudre les problèmes du pays: baser la politique sur des fondements éthiques; développer des sociétés à capital mixte; travailler à la décentralisation du gouvernement; favoriser enfin la solidarité. En prenant ainsi position, les évêques n’ont pas voulu intervenir dans un champ qui ne les regarde pas mais proposer des éléments de solution pour un problème qui touche surtout les plus démunis. (apic/cip/bim/mp)



