Sa tête mise à prix pour 600’000 francs suisses
Brésil: Nouvelles menaces de mort contre Mgr Erwin Kräutler, l’évêque des indiens
Brasilia, 24 mars 2008 (Apic) Dom Erwin Kräutler, l’évêque des indiens du Brésil, a reçu de nouvelles menaces de mort. Le prélat du Xingu, dans l’Etat du Para, est dans le collimateur de tueurs à gages en raison de ses engagements en faveur de la réforme agraire, contre la destruction de la forêt amazonienne et contre les réseaux de prostitution infantile. Le prélat d’origine autrichienne – il est né à Koblach, dans le diocèse de Feldkirch, en juillet 1939 – l’a fait savoir à ses fidèles dans sa lettre pastorale de Pâques.
Mgr Kraütler, président du Conseil Indigéniste Missionnaire (Cimi) au Brésil, vit depuis plusieurs années sous constante protection policière. Il a déclaré que ces menaces n’allaient pas le détourner de sa lutte contre l’injustice en Amazonie et de l’amour qu’il portait aux personnes marginalisées vivant sur les rives du Rio Xingu.,
D’après des informations de la prélature apostolique à Altamira (Etat de Para), un membre de la police militaire brésilienne a été récemment témoin d’une discussion entre deux hommes à propos de la prime pour assassiner l’évêque. Le prix pour la mort du prélat apostolique a été fixé à un million de reals (près de 600’000 francs suisses). Malgré la présence de deux policiers militaires affectés à sa protection, il serait facile de l’atteindre, selon les deux personnes qui complotaient, estimant que l’on pourrait éventuellement acheter les deux policiers.
Le Para, un véritable «Far West»
L’Etat du Para, où la religieuse américaine Dorothy Mae Stang a été assassinée en 2005, est l’Etat du Brésil où l’on enregistre le plus grand nombre de menaces. Des «listes noires» circulent dans ce véritable «Far West», et Dom Erwin Kräutler y figure en bonne place.
Titulaires de nombreux prix, dont celui de docteur honoris causa de la Faculté de théologie de Lucerne, Mgr Kräutler a également été menacé pour son engagement contre le gigantesque projet de barrage «Hidroelectrica de Belo Monte» sur le Rio Xingu. Il devrait inonder de nombreuses zones de forêt vierge amazonienne. Le projet, qui comprend cinq grands barrages, prévoit de recouvrir plus 40’000 hectares de forêt tropicale et de faire disparaître totalement le territoire des indiens Juruna. En cas de réalisation, ce projet toucherait sévèrement le territoire de 9 communautés indigènes. (apic/kna/be)



