Augmentation des assassinats et des travailleurs esclaves
Brésil: Rapport de la Pastorale de la Terre sur la violence dans les campagnes
De notre correspondant à Sao Paulo, Paulo Pereira Lima
Curitiba, 16 avril 2003 (Apic) 43 travailleurs ruraux ont été tués lors de conflits pour le contrôle de la terre dans les campagnes brésiliennes en 2002. Cela représente une augmentation des assassinats de près de 50% par rapport à l’année précédente. Le dernier rapport de la Commission Pastorale de la Terre (CPT) montre ainsi une aggravation de la situation, notamment la persistance du travail d’esclave.
La CPT, qui dépend de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), publie régulièrement des documents de référence sur les conflits agraires au Brésil. Le dernier document publié à Curitiba, dans l’Etat du Parana, au sud du Brésil, sera présenté dans diverses capitales d’Etat dans tout le Brésil. Cette campagne de sensibilisation a lieu dans le cadre de la «Semaine nationale de Lutte pour la réforme agraire» qui s’achève le jeudi 17 avril.
Le 17 avril est justement la date anniversaire du massacre des travailleurs sans terre à Eldorado dos Carajas, dans l’Etat du Para, où le 17 avril 1996, plus de 150 éléments de la Police militaire brésilienne assassinèrent de sang froid 19 manifestants.
Plus de 5’500 travailleurs esclaves découverts
Outre l’augmentation de près de 50% du nombre des assassinats en 2002 par rapport à l’année précédente, le rapport de la CPT dénonce la croissance inquiétante du nombre de travailleurs esclaves dans le pays: 147 cas, impliquant 5’559 personnes, dont 58 mineurs d’âge, ont été dénoncés. L’impunité, comme toujours, est le principal facteur expliquant la persistance du travail d’esclave au Brésil.
Le rapport de la CPT enregistre 743 cas de conflits agraires en 2002, impliquant plus de 425’000 familles. L’an dernier, on a compté 184 occupations de terres, impliquant près de 27’000 familles. La Pastorale de la terre dénonce la tendance à criminaliser la lutte pour la réforme agraire, ainsi que la destruction de récoltes et de maison des travailleurs sans terre, les menaces de mort et les tentatives d’assassinats à leur encontre. (apic/plp/be)



