Les professeurs prêtres mariés peuvent continuer à enseigner

Brésil: Recul des évêques du Ceara sur le licenciement de professeurs

Fortaleza, 1er février 1999 (APIC) Les trois professeurs de l’Institut théologique pastoral (ITEP) à Fortaleza congédiés il y a dix jours pour le simple fait d’être des prêtres mariés pourront poursuivre leur enseignement. Face aux multiples protestations provoquée par ce licenciement, entre autres celle du cardinal Aloisio Lorscheider, ancien archevêque de Fortaleza, les évêques des onze diocèses du Ceara ont décidé vendredi de revenir sur la décision prise la semaine dernière.

Une levée de boucliers s’est levée au Brésil à l’annonce du licenciement des professeurs Lauro Nogueira Sa, Jan Gerard Reegan et Miguel Arcanjo Brando. Une décision qualifiée «d’incompréhensible», voire «d’anti-évangélique». Des communautés ecclésiales de base ont réalisé mercredi dernier une soirée de prière au Grand Séminaire da Prainha, à Fortaleza, le local où se trouvent les bâtiments de l’ITEP. Des prêtres, des séminaristes, des religieux(ses) et des laïcs, après la vigile de prière, ont remis de nombreuses lettres de protestation au président du Régional I des évêques du Nordeste; Mgr Benedito de Albuquerque, évêque d’Itapipoca.

Le poids de l’avis du cardinal Lorscheider

L’avis du cardinal Aloisio Lorscheider, archevêque d’Aparecida, ancien archevêque de Fortaleza, aura sans doute aussi pesé de tout son poids dans la nouvelle position des évêques. Le cardinal Lorscheider, interrogé spécialement par APIC avant le volte-face des évêques, dit avoir été «très surpris» par la première décision des évêques du Ceara. Il affirme ne pas comprendre l’attitude de ses collègues évêques, bien qu’il s’agisse d’un problème interne à l’Eglise locale du Ceara. «Quand je dirigeais l’archidiocèse de Fortaleza, a-t-il ajouté, j’ai toujours pris la défense des prêtres mariés professeurs à l’ITEP car ils sont compétents. Et par ailleurs ils sont d’excellents croyants.»

Pour le Père Lino Allegri, l’un des représentants de la pastorale sociale pour le Ceara, la décision des évêques de mettre à la porte des trois professeurs démontre que la hiérarchie de l’Eglise manque de dialogue. Il s’insurge contre le fait que les élèves et les autres professeurs de l’ITEP n’aient pas été consultés. Même attitude envers les conseils presbytéraux, les communautés de base et les laïcs engagés dans l’Eglise. Je considère l’attitude des évêques comme «ridicule, anti-ecclésiale et autoritaire».

La note des évêques de vendredi affirme que les trois professeurs pourront continuer à enseigner, en attendant la réponse d’une lettre envoyée à ce sujet à la Congrégation romaine pour l’Education catholique. Les évêques répètent cependant «qu’ils doivent obéir aux orientations venues du Vatican dont on suppose qu’elles ont l’approbation du pape».

Pourquoi maintenir la loi obligatoire du célibat des prêtres ?

Toutes les manifestations d’appui aux professeurs remettent une nouvelle fois en évidence un point controversé, à savoir le célibat obligatoire des prêtres. Comme aussi la question de l’autonomie des évêques pour décider ce qui est meilleur pour leurs diocèses en s’inspirant le concept de la collégialité des évêques, une question abordée au Concile Vatican II. Au Brésil, même parmi les évêques, il y a beaucoup de partisans de l’ordination au sacerdoce des «viri probati» (des hommes mariés qui ont fait leurs preuves), voire pour abolir le célibat obligatoire des prêtres. Mais l’on sent , à cause de la position connue de Rome, qu’il y a encore un tabou pour poser publiquement cette question dans l’Eglise catholique. (apic/plp/ba)

1 février 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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