L’urgence d’un projet de développement national pour tous
Brésil: Réflexions des évêques en vue des élections de 2002
Itaici, 19 août 2001 (APIC) Les évêques brésiliens, en vue des élections de l’an prochain, veulent baliser la réflexion des communautés catholiques du pays. La Conférence nationale des évêques du Brésil demande une évaluation de la politique de privatisations menée par le président Fernando Henrique Cardoso, dans un pays où la famine et la misère sont en progression constante.
Dans une déclaration épiscopale intitulée «Brésil: appréhensions et espérances» approuvée en juillet dernier à Itaici et que les communautés analyseront à la rentrée, ils attirent notamment l’attention sur l’urgence d’un projet de développement national pour contribuer à une intégration solidaire du pays dans le contexte mondial. Au plan intérieur, le modèle néo-libéral laisse de côté une importante partie de la population qui lutte difficilement pour sa survie.
La Conférence nationale des évêques du Brésil demande une évaluation de la politique de privatisations menée par le président Fernando Henrique Cardoso. Sur le plan éthique, les évêques observent une profonde crise, dont le pays ne pourra sortir, estiment-ils, que l’on répond aux aspirations trop souvent déçues de la population par rapport aux politiques et aux institutions.
La course au profit en parallèle à une profonde crise religieuse
Le Brésil traverse également une crise religieuse, dont la baisse de la pratique liturgique et sociale des chrétiens constituent un indicateur important. Les évêques mettent le recul de l’adhésion à l’Evangile en parallèle avec des «progrès» qu’ils jugent inquiétants: désormais, ce sont les lois du marché qui s’imposent et qui poussent chacun à la course au profit et à la productivité.e Cette évolution étale déjà malheureusement ses nombreux effets négatifs, constatent les évêques: nombre de régions connaissent la misère et la faim; les inégalités sociales persistent, dont les bas salaires et le manque d’emplois sont des signes manifestes; la société reste pour une part édifiée sur des bases injustes; la corruption est très répandue et l’insécurité augmente quand règne la loi de la violence sinon celle du crime.
Les évêques font état de préoccupations plus spécifiques: le respect dû aux populations indigènes, le souci de voir enfin débloquée la réforme agraire et la perpective d’une réduction de l’énorme dette publique. La Conférence épiscopale ne cache pas son inquiétude devant la mondialisation, dont l’optique lui paraît très réductrice. Quant au Marché Commun latino-américain, les évêques brésiliens n’y voient aucunement une alternative par rapport à la globalisation, mais plutôt une menace pour l’identité même des sociétés latino-américaines.
Des motifs d’espérance: la résistance des pauvres
Il y a pourtant, selon les évêques, des motifs d’espérance. Mais la Conférence épiscopale les relève avant tout dans l’expérience des pauvres qui, dans la solidarité, font surgir le miracle quotidien de la survie. Le document cite aussi l’exemple des collectes de déchets recyclables et saluent le programme de construction d’un million de citernes dans la zone semi-aride du Nordeste. Les évêques ne cachent pas leur admiration pour le travail accompli par les organisations non gouvernementales qui, au début de l’année, ont favorisé la tenue à Porto Alegre, dans l’Etat brésilien de Rio Grande do Sul, d’un Forum Social Mondial aux dimensions de la planète. (apic/cip/alc/be)




