Les députés cèdent devant la vague de protestations de l’Eglise
Brésil: Renvoi sine die de la loi sur la légalisation des unions homosexuelles
Rio de Janeiro, 15 mai 2001 (APIC) La Chambre des députés du Brésil a décidé de renvoyer sine die la loi prévoyant de légaliser les unions homosexuelles. Les parlementaires ont cédé devant la vague de protestations, en provenance notamment de l’Eglise catholique et d’Eglises protestantes, qui a déferlé dans tout le pays.
L’Eglise catholique a d’emblée attiré l’attention des députés fédéraux sur le danger pour la famille de mettre les partenariats du même sexe au même niveau que le mariage. Interpellant en particulier les députés catholiques, elle leur a rappelé que ce projet est «contraire à la vérité de l’homme et au bien commun».
Si le Projet de Loi No 1.151/95 avait été adopté, le Brésil aurait été le premier pays d’Amérique latine à mettre sur un pied d’égalité couples homosexuels et couples hétérosexuels. Ce «pacs» brésilien prévoyait une égalité des droits dans les domaines social, sanitaire et patrimonial, et réglait les questions d’héritage.
Plus de 30’000 e-mail contre le projet
Le Congrès de Brasilia a été submergé de fax, d’appels téléphoniques et de visites. Plus de 30’000 e-mail ont été envoyés pour protester contre ce projet législatif. Les manifestations des partisans de la loi, dont des travestis, n’ont pas fait le poids parmi les membres du Congrès.
Dénonçant la légalisation des «unions anti-naturelles de personnes du même sexe», dom Raymundo Damasceno Assis, secrétaire-général de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), et l’évêque responsable du Secteur Famille et Vie de la CNBB, dom Aloysio José Leal Penna, ont interpellé les députés fédéraux à Brasilia. Dans une lettre ouverte, ils soulignent le danger de mettre sur un pied d’égalité la famille et d’autres «unions» qui, bien qu’elles existent «de fait», n’en sont pas pour autant des unions «de droit».
Pour les évêques brésiliens, la doctrine catholique enseigne que le mariage et la famille représentent un intérêt public en tant que noyau fondamental de la société et de l’Etat. «Comme tels, ils doivent être reconnus et protégés». La CNBB rappelle dans la lettre envoyée aux députés fédéraux qu’en juillet dernier, le Conseil pontifical pour la famille a publié un document sur la famille, le mariage et les «unions de fait». Le document romain rappelle que la communauté familiale tire son origine du pacte d’union des époux. Le mariage, qui émane de ce pacte d’amour conjugal, n’est pas une création des pouvoirs publics, mais une institution naturelle et originaire qui les précède».
Pour les évêques brésiliens, il est illusoire de prétendre que ce «partenariat enregistré» n’aura pas le même statut que le mariage, que les «pacsés» n’auront pas le droit d’adopter et qu’il ne vise qu’à protéger leur «patrimoine commun». La CNBB constate que le code de droit civil brésilien garantit déjà le droit de conclure des contrats entre personnes de même sexe ou de sexe différent, réglant par ex. le partage des biens ou le droit d’hériter. «Si l’objectif est simplement une communauté de biens, ce projet de loi est totalement dénué de sens».
«Un tel projet est si grave que la Conférence épiscopale ne peut absolument pas se montrer indifférente ou apathique», écrivent dom Raymundo Damasceno Assis, évêque auxiliaire de Brasilia, et dom Aloysio José Leal Penna, archevêque de Botucatu. Le cardinal archevêque de Rio de Janeiro, dom Eugenio Sales, et ses évêques auxiliaires, ont également interpellé les députés sur ce projet «contraire à la loi naturelle». Citant les saintes Ecritures, ils qualifient dans leur lettre les actes homosexuels de «désordre moral», «d’aberration» et «d’actes graves». (apic/cnbb/aci/be)



