Le CIMI inquiet de la décision du Tribunal suprême fédéral
Brésil: Suspension du retrait de la terre indigène de Raposa: décision de la justice
Brasilia, 10 avril 2008 (Apic) La résistance violente des colons, latifundistes et cultivateurs de riz illégaux ainsi que les pressions des autorités locales ont porté le Tribunal suprême fédéral brésilien à suspendre l’opération d’évacuation des non-indigènes de la terre indigène de Raposa/Serra do Sol, dans l’état amazonien de Roraima.
Ce blocage rouvre un vieux litige qui implique 15’000 indigènes habitant depuis toujours à Raposa, auxquels le président Luiz Ignacio Lula da Silva avait formellement reconnu en 2005, après 26 ans de luttes juridiques, le droit de récupérer pleinement la possession de leurs terres ancestrales.
La haute cour a accueilli un recours du gouverneur de Roraima d’après lequel l’exécutif central de Brasilia n’aurait pas respecté l’engagement d’indemniser les colons – en réalité la loi prévoit seulement un dédommagement pour ceux qui se sont installés en toute bonne foi à Raposa – et ne se serait pas prononcé sur l’attribution de 150’000 hectares de terres, soit 1% de la réserve, actuellement occupés en grande partie par des rizières illégales.
Si les ’fazendeiros’ et producteurs, protagonistes ces derniers jours d’actes violents et d’affrontements avec la police, exultent, le Conseil indigène missionnaire Cimi) s’est dit fortement préoccupé par les conséquences de la décision du tribunal : «Le retrait des envahisseurs sera ajourné à une date indéterminée tandis que le gouvernement de Roraima tentera d’obtenir une décision favorable aux occupants abusifs» lit-on dans une note du Cimi parvenue à la Misna.
Les missionnaires rappellent que depuis le début de l’opération d’évacuation dénommée ’Upakaton 3’, il y a 15 jours, «riziculteurs et politiciens de Roraima ont organisé des actions violentes, détruisant des ponts, incendiant des cabanes d’indigènes, bloquant des routes, lançant des bombes, menaçant de mort les dirigeants indigènes et incitant la population locale à des rapports tendus avec les peuples qui vivent dans la zone». (apic/misna/pr)




