Empêcher la démarcation des villages indigènes
Brésil: Une campagne de diffamation vise l’Eglise catholique dans l’Etat de Roraima
Sao Paulo, 18 mai 2000 (APIC) Une nouvelle campagne de diffamation vise l’Eglise catholique au Brésil. Le climat est très tendu dans l’Etat de Roraima, à l’extrême nord du pays, suite aux graves accusations portées par l’hebdomadaire «IstoÉ» contre le Père italien Giorgio Dal Ben. Le magazine brésilien affirme que le missionnaire xavérien, actuellement engagé dans la défense des Indiens Makuxi, leur enseigne les tactiques de la guérilla.
Le journal accuse encore le missionnaire italien d’utiliser les Indiens pour envahir des fazendas de la région et comme «masse de manœuvre» dans une guerre d’intérêts impliquant le détournement d’or et de pierres précieuses pour le compte de l’Eglise. La discussion sur les droits indigènes est l’une des raisons de ce climat permanent de tension et d’attaques visant ceux qui prennent la défense des Indiens.
Les agressions, voire les menaces de mort contre les missionnaires qui ont fait l’option de militer pour les droits des indigènes sont devenues fréquentes dans le Roraima, écrivait récemment Dom Apparecido José Dias, évêque de Boa Vista. Avec une population de 300’0000 habitants sur un territoire de 230’104 km2, l’Etat de Roraima compte le plus grand nombre de population indigène du pays. Il est devenu ces dernières années l’un des plus violents du Brésil.
Des titres de propriété usurpés par les fazendeiros
La raison profonde des accusations propagées par «IstoÉ», la deuxième plus grand revue du pays, semble être l’action d’une organisation de l’Eglise catholique, le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI), donc le Père Dal Ben est membre. Le CIMI lutte pour la démarcation des villages indigènes de Raposa et de Serra do Sol, ce que refusent les fazendeiros, les grands propriétaires terriens, et le gouverneur de l’Etat, Neudo Campos. Dans une interview accordée à «IstoÉ», le plus grand propriétaire terrien du Roraima, Wilson Alves Bezerra, accuse le Père Dal Ben d’enseigner aux Indiens la tactique de guérilla et leur demande de chercher de l’or et des diamants qu’il envoie en Italie.
Selon les défenseurs du CIMI et de l’action du missionnaire italien, les attaques du journal – accusé de pratiquer la «désinformation» et de favoriser l’ethnocentrisme des Blancs – ont pour objectif d’empêcher la démarcation des terres indigènes. Quant à l’accusation d’invasion de propriétés agricoles, l’auteur de l’article escamote le fait que ces soi-disant propriétés se trouvent sur les terres indigènes, ce qui rend leur titre de propriété nul, selon l’article 231 de la Constitution fédérale brésilienne. (apic/plp/be)



