Brésil: une école du Ceara crée l’»adoption virtuelle» pour les élèves pauvres
Internet au service de la solidarité
Fortaleza, 8 décembre 1997 (APIC) L’école Santa Elisa, située dans le quartier de Pirambu, dans la périphérie de Fortaleza, au Brésil, a lancé une page sur Internet pour trouver des personnes désireuses d’»adopter virtuellement» ses 33 élèves, appartenant tous à des familles à faibles revenus.
L’école, dont les dépenses mensuelles s’élèvent à 1.200 réals, est parvenue jusqu’ici à subsister par la vente de matériel usagé et de produits recyclés. Les élèves peuvent ainsi disposer de salles de calcul, de rattrapage et de détente et même recevoir un goûter. Erivania Queiroz, la directrice, lance aujourd’hui une nouvelle initiative: l’adoption via Internet, qui permet à des volontaires d’adopter un enfant à distance et de l’accompagner au quotidien au moyen de lettres et de rapports.
«Grâce à Internet, la possibilité d’interactivité augmente et les contacts entre les parrains et les filleuls peuvent avoir lieu en temps réel», note-t-elle. Sur le «site» de l’école, le candidat parrain peut avoir accès aux données des élèves et choisir entre sept modalités de parrainage. S’il veut faire un don, il peut envoyer de l’argent pour les dépenses des filleuls à l’école via Internet (chaque élève coûte 24 réals par mois à l’école).
L’Organisation non gouvernementale Emmaüs, qui a créé l’école, recycle ce qu’elle recueille. Elle aussi a un site sur Internet. Le parrain peut avoir un contact avec ses filleuls au moyen de canaux de conversation, d’échange par E-mail et de participation à des conférences de discussion. «C’est le type d’adoption que nous voulons stimuler le plus. Plus que d’argent, ils ont besoin d’amis et d’appui affectif. C’est pourquoi notre slogan est: «Ayez un enfant en train de vous attendre sur Internet», explique la directrice.
Chaque enfant aura bientôt sa photo sur le site de l’école, avec ses données et celles de sa famille. L’école s’engage à rendre compte régulièrement de l’utilisation de l’aide qu’elle reçoit. L’école, qui n’occupe que 74 m2, espère notamment pouvoir acheter une maison voisine qu’elle loue 8.000 réals. (apic/cip/mp)



