Toute une famille décimée à cause de son engagement syndical
Brésil: Une enseignante de Rio Maria reçoit un Prix des droits de l’homme à Paris
Brésil, 15 décembre 1998 (APIC) L’enseignante brésilienne Luzia Canuto, présidente du Comité Rio Maria, dans l’Etat du sud du Para, vient de recevoir un Prix des mains de Lionel Jospin, Premier ministre français, à l’occasion des fêtes commémorant le 50e anniversaire des droits de l’homme. Ce Prix met en évidence la lutte des paysans brésiliens et de leurs avocats contre l’impunité de grands propriétaires terriens et de leurs hommes de main.
Luzia Canuto, qui préside le Comité Rio Maria – qui exige que justice soit faite à propos de crimes impunis – a perdu son père, Antônio Canuto ainsi que deux frères, assassinés tous trois en1990. Un troisième frère et son mari, l’année précédente, ont échappé de justesse à un attentat. Enfin un autre membre de la famille, Joao Canuto, premier président du Syndicat des travailleurs ruraux de Santa Maria, avait été assassiné le 18 décembre 1985 par deux hommes de main.
La justice brésilienne locale, sous la pression des grands propriétaires, n’a condamné encore aucun des auteurs des assassinats. La Commission des droits de l’homme de l’Organisation des Etats américains (OEA) a alors pris les choses en mains. Elle a condamné à plusieurs reprises la lenteur délibérée des tribunaux locaux pour instruire les procès des auteurs des crimes. Et en juin de cette année, elle s’est est prise directement au gouvernement brésilien en l’accusant «d’omission dans la pratique de la justice».
Le rapport de la Commission de l’OEA, en examinant l’assassinat du père de Luzia, note «qu’il avait reçu des menaces de mort de la part de grand propriétaires terriens appuyés par des politiciens de l’endroit». Ces menaces, pourtant dénoncées à la police, se sont poursuivies. Et la police n’a offert aucune protection aux personnes visées. Selon le même rapport, «plus de 20 grands propriétaires terriens sont compromis dans ces assassinats. Les actes d’un procès commencé désignent cinq personnes nommément. Trois d’entre eux sont en fuite. Parmi eux un ancien maire de Rio Maria».
Luzia Canuto reçoit encore à l’heure actuelle des menaces de mort. Elle se trouve enfin sous la protection de la police. Ceci à la demande expresse de l’OEA. (apic/plp/ba)



