Benoît XVI rappelle aux évêques leur ’énorme responsabilité’

Brésil: Voyage de Benoît XVI

Sao Paulo, 13 mai 2007 (Apic) Après avoir délivré un discours exigeant aux jeunes Brésiliens, Benoît XVI n’a pas hésité à mettre également les évêques du plus grand pays catholique du monde devant leurs responsabilités, le 11 mai.

Le pape, qui rencontrait les 427 évêques et 8 cardinaux du Brésil rassemblés dans la cathédrale de São Paolo l’après-midi du 11 mai leur a demandé, entre autres, de mettre le Christ au centre de leur mission d’évangélisation pour surmonter la fuite des fidèles vers les sectes au prosélytisme «agressif» et de ne pas dénaturer le célibat sacerdotal.

«Il est vrai que l’époque actuelle est délicate pour l’Eglise et que beaucoup de ses fils souffrent», a reconnu Benoît XVI devant les prélats brésiliens à qui il a rappelé leur «énorme responsabilité». Il a alors énuméré «les égarements déconcertants» que «traverse la vie sociale» : «la sainteté du mariage et de la famille est attaquée impunément, en commençant par faire des concessions face aux pressions capables de peser négativement sur les processus législatifs ; certains délits contre la vie sont justifiés au nom du droit à la liberté individuelle ; la dignité de l’être humain est attaquée ; la blessure du divorce et des unions libres se répand».

La consécration à Dieu perd de sa signification si l’on conteste le célibat apostolique

«Plus encore, a-t-il regretté, la structure de la consécration totale à Dieu commence à perdre sa signification la plus profonde lorsqu’au sein de l’Eglise la valeur de l’engagement sacerdotal comme dévouement à Dieu, à travers le célibat apostolique et comme disponibilité totale a servir les âmes, est mise en question». Et l’on préfère, a-t-il ajouté, les questions idéologiques et politiques, et même partisanes. Les propos du pape ont été largement applaudis par les centaines d’évêques présents.

Evoquant le nombre croissant de «catholiques qui abandonnent la vie ecclésiale», le pape a ensuite dit que la cause principale était «l’absence d’une évangélisation dans laquelle le Christ et son Eglise sont au centre». Selon lui, les personnes les plus vulnérables au prosélytisme agressif de sectes, et qui sont incapables de résister aux assauts de l’agnosticisme, du relativisme et du laïcisme, sont, en général, les baptisés qui ne sont pas suffisamment évangélisés. Ces derniers seraient influençables, parce qu’ils possèdent «une foi fragile et, parfois, confuse, vacillante et ingénue, même s’ils conservent une religiosité innée».

L’oecuménisme devient complexe

«A notre époque de rencontre des cultures et de défis du sécularisme, l’oecuménisme, c’est-à-dire la recherche de l’unité des chrétiens, devient une tâche toujours plus urgente de l’Eglise catholique», a également souligné le pape. Mais, à ses yeux, l’engagement oecuménique devient un travail complexe «avec la multiplication des dénominations chrétiennes toujours nouvelles et surtout face à certaines formes de prosélytisme, fréquemment agressif».

Devant les évêques, Benoît XVI a rappelé l’option préférentielle de l’Eglise pour les pauvres, affirmant qu’ils étaient «les destinataires privilégiés de l’Evangile». Le pape a aussi demandé aux évêques de «travailler sans cesse en faveur de la formation des politiciens, et de tous les Brésiliens». Il est nécessaire, a-t-il poursuivi, de former dans les classes politiques et économiques un esprit sincère de vérité et d’honnêteté.

Abordant la question du «discernement» des vocations, Benoît XVI a affirmé qu’un «accompagnement spirituel bon et assidu est indispensable afin de favoriser la maturation humaine et évite le risque de déviations dans le domaine de la sexualité». Il a aussi invité les évêques à «edécouvrir et apprécier «l’obéissance aux normes liturgiques».

«Nous devons être des fidèles serviteurs de la Parole, sans visions réductrices ni de confusions dans la mission qui nous est confiée», a encore demandé Benoît XVI aux évêques, souhaitant qu’ils travaillent sans jamais céder à des «interprétations motivés par des idéologies rationalistes».

Au terme de sa rencontre avec l’ensemble de l’épiscopat brésilien, Benoît XVI devait quitter São Paolo et se rendre en hélicoptère à Aparecida, à 170 km de là, pour la deuxième et dernière étape de son voyage au Brésil. Le 12 mai, il devrait visiter la ’Fazenda da Esperança’ (la ferme de l’espoir), une institution qui vient en aide aux jeunes victimes de la drogue et de l’alcoolisme puis présider la prière du chapelet dans la basilique du sanctuaire marial d’Aparecida avec les prêtres, religieux, religieuses, séminaristes et diacres brésiliens. C’est le 13 mai que le pape ouvrira les travaux de la 5e Conférence générale des évêques d’Amérique latine et des Caraïbes. (apic/imedia/ami/vb)

13 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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